Un samedi dans les Bidonvilles...
31/08/2011 16:30 par volontaireaucambodge
Je ne sais pas si certains continuent toujours à aller sur mon blog, étant donné que ça fait deux semaines que je suis rentrée...pour clore ce blog sur mon expérience de volontaire au Cambodge, voici l'article que j'ai rédigé pour la newsletter de Projects Abroad... Voilà maintenant deux semaines que je suis rentrée du Cambodge, mais en réalité, je n’ai pas encore totalement quitté ce pays fabuleux que j’ai pu découvrir pendant le mois d’août 2011 en partant en mission humanitaire avec Projects Abroad. J’avais choisi le projet « Care », et pour cela, je me suis occupée d’enfants dans deux orphelinats différents, l’un accueillant des enfants des rues, l’autre accueillant des enfants handicapés. Mon activité était tout aussi intéressante dans l’un ou l’autre orphelinat, et être en contact avec deux populations très différentes fut une expérience très riche et intéressante. Avec l’aide des salariés des orphelinats, je surveillais les enfants, jouais avec eux, leur donnais à manger, leur lavais les cheveux, langeais les plus jeunes, leur racontais des histoires…chaque instant que vous passez avec les enfants est précieux, car il suffit seulement de les regarder jouer, de leur montrer que vous êtes à leur côté, que votre attention est portée sur eux, pour égayer leur journée et leur apporter ne serait-ce que quelques heures de joie et de bonheur. J’avoue qu’être volontaire n’est pas toujours évident au début ; lorsque vous arrivez à l’orphelinat pour la première fois, il n’y a pas toujours quelqu’un pour vous introduire au personnel, qui ne parle pas toujours l’anglais, et souvent, l’on ne vous assigne pas de tâche particulière, c’est à vous de prendre vos repères et d’engager des activités. S’il faut prendre des initiatives, il ne faut néanmoins pas oublier que vous êtes dans un pays étranger, qui a sa propre culture, donc sa propre vision de l’éducation par exemple, que les rapports humains sont différents de ceux des pays occidentaux ; ainsi, être volontaire, c’est apprendre avant tout à observer, à comprendre l’autre, à ne pas juger d’après nos codes et nos normes occidentales ; il est nécessaire de s’adapter à la façon dont l’orphelinat qui vous accueille fonctionne, sans vouloir tout changer à ce fonctionnement. Ainsi, être volontaire apprend à être tolérant et surtout, humble. Si vous avez envie de mettre en place certaines activités particulières, si vous avez des idées afin d’améliorer le fonctionnement de l’orphelinat, il faut en parler avec ceux qui travaillent avec vous, qui sont présents à l’année dans l’orphelinat, qui connaissent les enfants beaucoup mieux que vous ; il serait bien trop arrogant et orgueilleux de la part d’un occidental qui connaît à peine le Cambodge et l’orphelinat de vouloir tout améliorer du jour au lendemain, sachant que ce qui nous semble bon à faire ne l’est pas forcément pour les autres ! En partant comme volontaire au Cambodge, j’ai donc réalisé combien il était difficile de lutter contre la misère, la violence, la pauvreté, que tout cela demandait une mobilisation énorme , et surtout, du temps. Malheureusement, il ne suffit pas de claquer des doigts pour que tout aille mieux. J’avoue avoir hésité longuement avant de partir un mois en mission humanitaire ; j’avais peur que mon action soit inutile, de ne faire cela que pour me donner bonne conscience. J’avais peur que Projects Abroad soit une de ces agences de voyage qui « vend » des voyages humanitaires sans aide profonde réelle. Pourtant, j’ai tenté l’aventure ; étant jeune et n’ayant encore aucun contact à l’étranger faisant parti du domaine associatif, j’ai pensé que partir avec cet organisme serait peut-être un bon compromis pour une première expérience de volontariat. Et je n’ai pas du tout regretté ; je pense que notre action à nous tous, volontaires, est réellement utile. Même si je ne suis restée qu’un mois, même si ma présence ne fut pas une présence à long terme, durable, j’ai pu me consacrer pleinement aux enfants et tenter de leur transmettre le plus d’amour et d’attention possible. Je suis maintenant convaincue que c’est la multiplication des petits cours d’eau qui donnent naissance aux plus grands fleuves. Parallèlement à mon action dans les orphelinats, je me rendais chaque semaine dans un bidonville proche de nos appartements avec une autre volontaire, afin d’apporter des vêtements, accessoires et objets aux populations les plus démunies, et passer quelques heures à jouer avec les enfants le matin avant qu’ils ne partent travailler dans les rues. Ces interventions dans les bidonvilles ne faisaient pas parties des missions données par Projects Abroad, c’était une initiative à part. J’ai pu ainsi en apprendre un peu plus sur la vie dans les bidonvilles, me rendre compte du fossé flagrant qu’il y a entre les plus riches et les plus pauvres au Cambodge, et toujours tenter de mettre un peu de soleil dans la vie de ces pauvres enfants qui n’ont pas la chance de mener une vraie vie d’enfants. Au-delà du volontariat, j’ai pu profiter de la richesse culturelle et naturelle du Cambodge, en visitant de nombreux musées et pagodes à Phnom Penh et à Siem Reap, les magnifiques temples d’Angkor, ou encore la plage de Koh Kong. S’il conserve les traces d’une histoire bouleversante due à la dictature de Pol Pot, s’il s’agit d’un pays très pauvre où derrière les couleurs et les lumières des lieux branchés se cachent les atrocités d’un tourisme sexuel bien présent, le Cambodge n’en reste pas moins un pays splendide qui mérite de guérir de ses blessures. Ses habitants sont tout aussi incroyables ; j’ai été particulièrement marquée par la simplicité des Cambodgiens dans leurs relations avec les autres, leur facilité à entrer en contact avec vous, à vous mettre à l’aise, à échanger. J’avais peur que la langue soit une barrière, mais ce ne fut pas du tout le cas ; s’il est très fréquent d’entamer la conversation avec un inconnu parlant Anglais à tout moment de la journée, vous pouvez tout autant sympathiser avec des Cambodgiens parlant uniquement le Khmer ; la communication ne passe pas seulement par le langage ! Je pourrais vous écrire des pages sur mon expérience, qui ne pourraient bien entendu pas, malgré toute ma bonne volonté, traduire entièrement la richesse de mon expérience ; les mots sont bien insuffisants pour rendre compte de tous les détails que nos yeux peuvent capter, de toutes les pensées qui nous traversent l’esprit à la découverte d’une nouvelle culture. Et puis, être volontaire, c’est aussi partager son expérience avec les autres, et ceci est un des points forts du séjour. En partant avec Projects Abroad, j’ai pu connaître des personnes du monde entier, qui ont toutes des parcours différents, des points de vue différents, mais une volonté commune. Les sorties et les soirées passées entre volontaires nous en apprennent tout autant que notre expérience humanitaire, et apportent de bons moments de divertissements. Avec les moyens actuels de communication, il est aisé de garder contact avec les volontaires que vous avez connus durant votre séjour. En résumé, si c’était à refaire, je le referai sans hésiter. Je suis partie un mois au Cambodge, mais j’ai à la fois l’impression d’y être restée deux jours et d’en avoir appris autant que si j’y étais restée toute une vie. Le plus dur fut de repartir ; c’est ce terrible sentiment d’abandon qui vous parcourt, tous ces regards et ces sourires d’enfants que vous laissez derrière vous. J’avais le cœur gros en partant, je me disais « et après ? » ; que vont devenir ces enfants, que va devenir ce pays ? Reviendrai-je un jour ? Vous ne restez pas la même après être partie en mission humanitaire ; cela vous transforme et vous fait appréhender la vie d’une façon différente. Cela vous remet en question, remet en question votre façon de vivre, de voir le monde, et surtout, vous apprend à vous satisfaire de ce que vous possédez. Si tous ces gens vivent, si tous ces enfants rient malgré leur misère, ce n’est pas grâce l’argent, puisqu’ils ne possèdent rien de matériel. Ce qu’ils ont, c’est autre chose, de beaucoup plus important et plus fort, c’est cette volonté de vivre, cette soif de connaissance et de contact, ce désir de voir la beauté du monde. On a beau dire, mais être heureux, c’est en partie une question de volonté. J’aimerais continuer à m’investir dans des causes humanitaires ; je ne sais pas quand, comment, ni où, mais en tout cas, je sais que je le ferai. A tous ceux qui hésiteraient à partir dans de telles missions, je leur dirai de foncer ; vous ne serez jamais inutiles si votre objectif est d’apporter ne serait-ce qu’un peu d’aide à ceux qui en ont besoin. Il faut y aller tout en ayant conscience des limites du volontariat, et parfois, de sa difficulté. Etre bénévole n’est pas de tout repos et peut parfois être éprouvant ; il faut savoir prendre sur soi et partager avec les autres volontaires ses émotions, ses opinions, pour pouvoir être plus efficace et gagner en maturité. Mais être bénévole, c’est avant tout oser s’investir et partir à la découverte de l’inconnu, et accepter de ne jamais réellement en revenir…
Le vol pour Paris s'est très bien passé; j'ai pu un peu dormir car je pouvais allonger légèrement mes jambes à la place où j'étais; nous avons eu de bons repas qui aident à faire passer le temps; j'ai écouté de la musique, j'ai parlé avec les Français asis à côté de moi, avec l'équipage (très sympa d'ailleurs, en pleine nuit j'allais boire du thé et du chocolat chaud avec eux lorsque je n'arrivais plus à fermer l'oeil !)...et puis, finalement, j'ai atterri. Arrivée en France; je ne réalise pas. Je suis à la fois excitée et peinée; pressée de revoir ma famille, de vous revoir, de tout partager, de tout vous raconter; mais peinée de retourner à la réalité de la routine, à la vie parisienne si froide et égoïste, à croiser tous ces regards méfiants dans le métro, ces gens excédés par leur train de vie, et ces nuages...le commandant de bord a annoncé 10 degrés à 6h du matin, waouh, choc thermique ma fille ! Mais je voulais rester au Cambodge à tout prix; je suis descendue de l'avion en sarrouel et tee-shirt portant les lettres de l'alphabet khmer, coucou, me voilà, ah bon, il fait froid ici ? Cela fait un mois que je n'ai pas eu un frisson !
Je marchais lentement pour aller aux douanes, pour aller chercher ma valise...et là, je les vois, papa, maman, Chloé, derrière la vitre, me faisant des grands gestes, heureux, le sourire aux lèvres, me fixant...oui, vous m'avez manqué, vous aussi, et je suis heureuse de vous retrouver !
C'est qu'eux aussi étaient bronzés ! Soleil du sud oblige ! Ouh, il fait pas chaud dis-donc dehors ! Mon avion a atterri en même temps que celui de Nicolas, qui m'avait confié des paquets de cigarettes à faire passer, que je lui ai donc rendues; il avait l'air si fatigué ! D'un autre côté, avec douze heures d'escale en Chine, le pauvre !
Et me voilà, depuis dimanche 8h du matin, à la maison...
Samedi, je me suis réveillée avec quelques désagréales sensations; je ne me sentais pas comme d'habitude; j'étais un peu triste, enfin non, ce n'est pas le bon mot, mais j'étais...déconnectée. Je savais que c'était mon dernier jour au Cambodge, et c'est cela qui devait me perturber. Non, je ne veux pas partir, je veux rester, ce n'est pas possible, pas maintenant, pas déjà...il fallait que je profite à fond de mes derniers instants ! Le matin, je suis donc allée au marché local, où j'ai pu acheter des sucettes, des crayons de couleur, des stylos et du vernis à mes petits du bidonville. Puis, vers 8h30, j'ai bouclé trois sacs de vêtements récupérés parmi les autres volontaires et contenant également certains des miens que j'avais prévu de laisser; je suis partie au bidonville en moto car c'était lourd, seule; oui, d'accord, je n'ai pas vraiment écouté vos conseils, mais j'ai pris la responsabilité d'y aller seule...je ne prenais pas vraiment de risques, en réalité.
Arrivée dans les bidonvilles, les enfants se sont jetés à mon coup, les femmes ont accouru à la vue des trois sacs, qui ont été vidés en un rien de temps; puis, j'ai dû passer un heure et demie avec les enfants, à dessiner avec eux, à leur mettre du vernis à ongle, à leur distribuer les stylos...j'ai eu le droit à plein de dessins, ça m'a tellement touché ! Je les ai mis précieusement dans une boîte fin de les conserver et pouvoir les regarder autant de fois que je le souhaite.
Partir des bidonvilles était tout aussi difficile que de partir du centre; je leur ai distribué des sucettes, ils étaient contents. Je leur ai expliqué que je retournais en France l'après-midi, et certains paraissaient inquiets; mais Sharon reviendra chaque semaine, elle a d'ailleurs dû y aller ce matin. J'ai eu du mal à quitter le bidonville; il y a tant de choses à faire, tant à découvrir des gens qui y vivent...je n'y suis allée que trois fois, mais j'avais l'impression de pouvoir y vivre.
En rentrant à l'appartement, je ne pouvais rien faire, seulement rester dans ma chambre à penser, penser, penser...l'appartement était calme car la plupart des volontaires dormait encore à 11h, ayant quelques difficultés à se remettre de la cuite de la veille. Le repas de midi était très comique; certains avaient la mine totalement défaite, d'autres avaient un air dégoûté en regardant leur assiette, bref, rès drôle !
L'après-midi, je suis retournée avec d'autres volontaires au marché, décidée à finir définitivement l'achat des souvenirs; mais au bout d'une heure, j'en avais assez de voir toutes ces couleurs, ces marchands qui ne veulent pas baisser les prix comme je le voulais, ces tissus, ces bijoux...j'ai donc arrêté mes achats là; de toutes façons, je n'aurais jamais pu rentrer davantage de choses dans ma valise ! "Mais comment vais-je faire pour l'avion ???" me demandai-je sans cesse !
Vers 16h, nous sommes allés manger une glace dans un glacier super bon et si peu cher par rapport à chez nous ! Ma dernière glace Cambodgienne ! 1,50$ la coupe de trois boules avec sauce, chantilly, cerises confites, biscuit, incroyable ! Lorsque je suis rentrée en France, les prix font partie d'une des choses que je regrette énormément !
Et il fallait que je rentre...le taxi est venu me chercher vers 18h, car mon avion partait à 20h. Douche, bouclage de la valise, deux sacs de cabine (pourvu que ça passe !), pesée de la valise....ah ! Malheur ! 27 kg ! Je n'allais jamais passer...et le supplément pour trois kilos est de 100 euros ! Les autres volontaires me mettaient la pression pour que j'allège ma valise, car selon eux, rien n'allait passer au Cambodge; j'ai pris peur, et cinq minutes avan de partir, j'ai vidé...la moitié de mes vêtements ! Ce sera pour les bidonvilles ! J'avoue qu'au début, j'avais un peu "les boules" de presque tout laisser; et puis, après tout, d'autres personnes qui en ont beaucoup plus besoin que moi s'en serviront et seront heureux de les posséder.
Derniers aurevoir, derniers adieux avec les volontaires, la cuisinière, la femme de chambre, les membres de Projects Abroad...et hop, dans le taxi ! La nuit tombait, et je ne réalisait toujours pas que je ne rentrerai plus à l'appartement, que je n'allais pas prendre le dîner avec tout le monde, que je n'allais pas retourner demain matin dans le centre, et mercredi dans les bidonvilles, et...
Enregistrement des bagages ! Passeport, s'il-vous-plait ! Hein, quoi ? Déjà ? L'avion, pour la France ? Valise ? 23, 6 kilos ? Ouf...un stress en moi, ça passe ! Bagages à main ? Pas de vérification du poids ? Heureusement, sauvée ! Bon, on passe la douane...ok...embarquement dans 45 minutes...juste le temps d'épuiser les dix dollars qui me restent...tiens ! Un joli bracelet en argent pour Chloé...parfait...ah ! Annonce : embarqement pour Paris ? C'est moi ? Paris ? Vraiment ? Je rentre à la maison ?
Bonjour, passeport, billets, ok, siège 36E, parfait, rangée de devant donc place pour allonger un peu les jambes...tiens, assise à côté de deux Français, des jeunes; sympas, discussion agréable, deux bénévoles en écovolontariat restés deux mois au Cambodge...ah, tiens, il faut attacher les ceintures...pardon ? Je dois mettre mon sac là-haut ? Oui, tout de suite, madame l'hôtesse de l'air...des blancs, des blancs, ils parlent tous Français, pas de khmer ici ? Je comprends tout ce qu'ils disent, ils me comprennent ! Ah, préparation au décolage ? Trois, deux, un...ça y est ! Aurevoir Cambodge ! Je ne t'oublierai jamais !!!
Arrivée à l'appartement, il fallait que je commence à faire ma valise; cela fait également partie des moments qui sont assez déplaisants; c'est assez drôle, car autant pour faire ma valise avant de partir, j'ai du mettre trente minutes; autant là, j'y ai bien passé deux heures...ce n'est pas parce que je ne savis pas comment tout caser, mais c'est que je la faisait avec une telle nonchalence...je m'arrêtais toutes les deux minutes, en restant les yeux dans le vide à penser à l'orphelinat, à me remémorer tous les moments que j'ai passé au Cambodge...donc du coup, rien n'avançait ! Cette inefficacité traduisait bien mon envie de rester et de ne jamais revenir en France...
Vendredi soir était une soirée très sympathique et rès festive. En effet, nous étions nombreux à nous en aller à la fin du mois d'août; pour cela, un dîner était organisé par Projects Abroad avec tous les volontaires au restaurant, où nou étions plus de 70 ! Le restaurant était très sympathique; là-bas, nous avons mangé de la viande et des fruits de mer grillés sur des sortes de petits barbecues en fer installés au milieu des tables, autour desquels nous étions assis sur des matelas. Ce type de restaurant, très convivial, est appelé "Suki soup", car autour des dômes de barbecues se trouvent des petites fosses que l'on remplies de bouillon, dans lequel on fait cuire nouilles de riz et légumes...ce fut un régal ! Et l'ambance avec tous les volontaires était très amicale !
Après le restau, nous sommes tous allés...faire la tournée des pubs ! Et oui, dernier soir oblige...nous avons dû faire une dizaine de pubs, avant d'aller en boîte et de repartir au bout d'un quart d'heure car l'ambiance n'était pas géniale, de retourner au pub...avec certains volontaires, je ne suis rentrée qu'à deux heures du matin car j'étais épuisée, et il fallait en ramener certains qui étaient....totalement faits ! D'autres sont retournés en boîte après et sont entrés vers 6h du matin. Habituellement, j'aurais été la première à aller danser, mais là...je ne pouvais pas, tout smplement ! Et je n'avais pas envie que papa et maman me retrouve avec une tête de zombie le dimanche matin ! Déjà que l'avion n'a rien arrangé...!
Le trajet du retour dans le tuk-tuk fut très silencieux; nous n'avons presque pas parlé, Nicolas et moi, plongés dans nos pensées, ayant du mal à accepter que c'était désorais la fin, la vraie fin. Mais pourtant, je n'ai jamais eu l'impression que c'était réellement terminé; pour moi, notre départ n'allait mettre fin à rien, bien au contraire; pour moi, en tout cas, j'espère que ce sera un remplin pour d'autres nombreux projets.
Vendredi midi, je suis allée au marché russe afin de faire quelques derniers achats; négocier, trouver les souvenirs, silloner les allées du marché...il fallait que je finisse l'achat de mes souvenirs ! J'ai pu quand même avancer un peu, mais il fallait que j'y retourne absolument samedi pour véritablement terminer mes cadeaux ! Je n'avais qu'une angoisse à ce propos; que ma valise soit trop lourde...ah ! Misère ! Je ne dois pas dépasser 23 kilos, comment vais-je faire ???
Et l'après-midi fut le dernier moment que je passai avec les enfaarton de nts de l'orphelinat...avec Nicolas, nous avons offert au centre un carton de produits désinfectants, des biscuits, des verres, et de gros régimes de bananes...ah oui, car je ne vous ai pas dit; vendredi matin, je suis allée tôt au marché local afin d'acheter cinq demi-régimes de bananes à 1$ chaque (incroyable) ! J'avais l'air maligne avec mes énormes sacs de bananes à bouts de bras ! Cela peut paraître anodin, mais en réalité, les enfants ont énormément apprécié les bananes et les petits gâteaux secs qu'on leur a offert; nous en avons distribué dans tout le centre, offrir des bananes aux enfants au Cambodge est comme offrir un iphone aux enfants en France; leurs yeux pétillent de joie, ils adorent, et cet amour de la simplicité que j'ai pu trouver chaque jour au Cambodge est tout simplement admirable et devrait nous servir à tous de leçon de vie.
Après la distribution, nous avons fait une petite séance photo avec le personnel et les enfants; nous avons chanté, discuté...et puis, ce fut l'heure des adieux, un moment à la fois heureux et désagréable, j'avais comme un goût amer dans la gorge, et Nicolas et moi n'avons pas pu nous empêcher de verser quelques larmes lorsque les femmes du personnel nous remerciaient en nous enlassant si chaleureusement dans leurs bras...
Lorsque l'on quitte un orphelinat, des enfants auxquels l'on s'est attaché, on se demande toujours; mais que vont-is devenir ? Les reverrai-je un jour ? Comment vont-ils vivre ? Seront-ils condamnés à rester ici ? Ont-ils l'impression qu'on les abandonne ? Combien de fois sont-ils abandonnés par les volontaires qui ne restent que temporairement dans l'orphelinat ? Ce sont des questions que l'on se pose et auxquelles il est difficile d'apporter une réponse...
En quittant le centre, en montant dans le tuk-tuk, le dernier regard jeté à l'orphelinat, aux enfants qui vous font coucou du balcon, vous fait l'effet d'une brûlure au ventre, mais à la fois, vous apaise. C'est la fin d'une expérience et d'une découverte qui s'annonce, et le début d'une nouvelle vie qui commence. Lorsque je ferme les yeux, là, maintenant, je les revoie, tous, autour de moi; je ne les oublierai pas.
Vendredi était notre dernier jour à Nicolas et moi à NBIC, l'orphelinat dans lequel nous travaillions. Ce jour là était merveilleux; je vivais chaque seconde en pensant que je ne reverrai pas les enfants le lendemain, ce qui fait que j'ai essayé de donner le meilleur de moi-même; le matin, la femme enceinte qui habituellement racontait les histoires aux enfants était particulièrement fatiguée (elle devait accoucher dans une semaine !), alors, je l'ai remplacée; j'ai raconté des histoires en Anlais aux enfants en mimant, leur ai chanté des chansons françaises, j'ai fait des maracasses pour les distraire...j'ai bien réussi à les faire rire, ce qui était super. Les enfants ont pu être canalisés pendant presque toute la matinée, ce qui n'était pas évident. J'espère que j'ai pu leur faire passer un bon moment de rires et a leur faire oublier leurs souffrances ne serait-ce qu'un court instant...
Je ne réalisais pas que ce serait mon dernier jour avec eux, en réalité; pour moi, j'allais revenir, et demain, et après-demain, et après après-demain...mais c'était bientôt fini. Déjà...
Bonjour à tous !
Plus de quatre jours que je n'ai pas publié sur mon blog, c n'est pas très rigoureux de ma part, mais le retour en France est quelque chose qui se digère lentement, croyez-moi !
Nous sommes mercredi 31 août, il est presque 15h et je suis assise sur l'herbe dans mon jardin, sous le soleil (car oui, même à Paris il y a parfois du soleil !), avec mon peti ordinateur portable grâce auquel j'ai pu rester en contact avec vous durant ce mois. Je dois maintenant vous raconter brièvement comment se sont déroulés mes derniers jours au Cambodge et faire un bilan de ma superbe aventure...
Après le déjeuner, j'ai fait une petite liste de tous les médicaments que j'ai ramenés de France afin de les laisser soit à l'orphelinat, soit à l'hôpital de Sharon, je n'ai pas encore décidé...j'ai trié le nom des médicaments selon les maux qu'ils soulagent, pour que le personnel se repère aisément; j'ai écrit la liste en Anglais, car il y a toujours quelqu'un qui parle Anglais dans ces structures, et qui pourra la traduire pour les autres.
L'après-midi a passé très vite, juste eu le temps de donner du lait de soja aux enfants, du gâteau à la crème (oh vous auriez vu cela...des dizaines d'espèces de mille-feuilles remplis de crème, entâssés dans un sachet plastique, chauds...pas étonnant que les enfants aient des petits problèmes intestinaux après ça en fait...), et de faire des maracasses pour les distraire. C'était très sympa, à vrai dire !
En rentrant à l'appartement, Sophourn, un des membres de Projects Abroad, est venu nous dire ce qui avait été accepté pour l'achat parmi les éléments de la liste de courses que nous avions demandés pour offrir au centre...et seulement l'eau de javel et l'insecticide ont été acceptés ! Ils ne veulent mêmes pas nous payer des gobelets en plastiques, des gâteaux, rien, rien, rien !!! C'est honteux,nous étions très déçus...décidément, tout notre argent reste dans la poche des directeurs !
Nicolas a acheté lui-même des gobelets et des gâteaux; il sait que j'ai déjà dépensé beaucoup pour l'autre orphelinat, et m'a donc interdit d'acheter autre chose, mais j'irai peut-être acheté tout de même un ou deux régimes de bananes demain au marché. Je verrai...
Enfin, bref, la soirée est vite passée ! J'ai traîné dans la chambre à papoter avec les filles, je me suis douchée, nous avons dîner...et là, je suis au cyber !
J'ai une folle envie d'aller me faire masser là...mais dans notre rue, il y a des salons de massage, mais disons que...enfin, ça ne donne pas trop envie d'y aller, d'un point de vue hygiène et tout...mais d'un autre côté, j'aimerais bien tester ! Je ne sais pas...je vais voir...peut-être pas en fait...
Il n'est que 21h, mais je vais déjà vous laisser...je ne vais sûrement pas dormir maintenant, mais bon, j'ai envie de traîner dans ma chambre et avec les autres sur la terrasse, alors...
BONNE NUIT LES PETITS !!! A demain !!! Ou samedi...enfin je ne sais pas trop, car je sais que demain soir nous sortons tous au restau, puis nous allons bien sûr au bar toute la soirée car il y a plein de départs ce weekend, donc...à très vite en tout cas ! Même si je n'ai le temps que de vous poster un petit coucou !
Bisousssssssss
Hey hey !
Aujourd'hui, avant-dernier jour au centre, eh oui...oh là là, nous sommes le 25, je ne réalise pas que je pars déjà dans deux jours !
Comme d'habitude, la journée au centre s'est très bien passée, avec en prime une petite péripétie très "agréable"; je vous raconte cela. Aujourd'hui, les femmes chargées de s'occuper des enfants étaient en formation, donc nous étions presque seuls avec les trois autres volontaires à gérer les petits (pas tous les enfants, bien sûr, seulement la vingtaine dont je m'occupe habituellement). Nous n'étions pas vraiment seules car les autres femmes qui préparaient à manger aux enfants, les lavaient, les surveillaient dans leur chambre etc. étaient là. Mais pour l'animation, c'était à nous de jouer. Jusque là, pas de problèmes, à quatre, c'est tranquille. Sauf que voilà ce qui est arrivé : alors que nous étions en salle de jeux, les enfants assis en rond, nous en train de leur lire une histoire et de leur chanter des chansons, une petite en fauteuil roulant a eu...une grosse, grosse diarrhée...et vu que les couches sont en tissu...et bien, je crois que je n'ai pas besoin de vous faire un dessin, mais tout est allé partout par terre, appétissant !
Déjà qu'il faisait une chaleur à crever dans la salle, alors là, vous n'imaginez même pas l'odeur ignoble ! Nous avons donc évacuer les enfants pour les mettre plus tôt que prévu dans le hall afin qu'ils jouent librement; et là, quelque chose d'assez drôle, c'est que tous les volontaires sont ok pour jouer avec les enfants, changer la couche pour un petit pipi, mais quand il s'agit de changer entièrement une petite handicapée qui ne bouge pas, est trempée, couverte d'excrément, dans son fauteuil lui aussi merveilleusement décoré, alors là...tient ! Plus personne !
Pauvre gamine ! J'ai pris une bonne bouffée d'oxygène, et je l'ai prise en charge; l'enlever du fauteuil, la déshabiller, lui essuyer les fesses...et j'ai décidé de l'amener carrément à la douche car...bon je passe les détails !
Après quelques temps, elle était enfin propre, habillée avec des vêtements secs, ah, le bonheur ! Mais il restait maintenant la salle à laver ! Et là, c'était comique; nous ne savions pas où étaient les serpillères, le liquide pour nettoyer le sol...alors, nous avons fait avec les moyens du bords; de la lessive par terre, de l'eau, des chiffons, une "sorte" de serpillère bizarre, et hop, le sol moussait, moussait, moussait...et alors que j'étais en train de le rincer avec Zee, une autre volontaire, une des sous-directrices qui passait par là nous a demandé, l'air choquée, ce qu'il s'était passé; je lui ai tout expliqué, et le pire c'est...qu'elle nous a presqu'engueulées ! Elle nous a dit que nous devions surveiller les enfants au lieu de laver, que nous aurions du laisser la salle comme ça jusqu'à l'heure du déjeuner pour la nettoyer lorsque tous les enfants returneraient dans leur chambre, que nous aurions du demander aux femmes de chambre déjà très occupées...bref, sympa, quoi, on galérait depuis une heure, et voilà ce qu'elle nous sort ! En plus, nous étions quatre, deux d'entre nous lavaient, deux s'occupaient des enfants...je ne voyais pas le problème, mais bon...nous avons essayé de parer à une urgence on va dire !
C'est vrai que parfois, je comprends que certains orphelinats aient de la réticence quant aux actions des volontaires, à leurs initiatives, car ceux-ci peuvent avoir tendance à vouloir fonctionner selon leurs règles occidentales, leur culture...mais bon là, c'est un peu exagéré...j'avoue qu ça nous a un peu vexées, mais enfin...tant pis, on saura que faire la prochaine fois : laisser la salle puer jusqu'à ce que quelqu'un se décide de la nettoyer !
Sinon, tout s'est bien passé, les enfants étaient assez sages, sauf un ou deux que je ne supporte pas en fait car ils sont tout simplement très têtus, moqueurs et contrariants, du genre à faire exactement le contraire de ce que vous leur dites de faire, et à sourire lorsque vous les réprimander !