Les enfants en train de jouer
02/08/2011 16:05 par volontaireaucambodge
La pluie a bien fini par arrivée; nous sommes rentrés à l'intérieur, et les enfants se dispersaient à travers plusieurs activités; ils jouaient sur l'ordinateur, particpaient aux cours d'Anglais, jouaient entre eux à des jeux de société, ressortaient dans la rue...j'ai joué aux échecs avec quelques garçons, qui avaient une règle très...spéciale ! C'était amusant de les voir jouer à leur façon, mais moi, je ne pouvait pas suivre !
Les enfants vont très facilement vers vous, c'est incroyable; ls me touchent les mains, me sourient sans cesse, m'appellent pour jouer avec eux...je crois qu'avant même d'être occupés, ils ont besoin d'attention. Même si vous ne jouer pas spécialement avec eux, juste les regarder suffit; leur regard croise le vôtre, votre sourire, et cela suffit, ils savent que vous êtes là pour eux, que vous les soutenez.
Les enfants sont tous très différents, mais tous aussi souriants et avenants. Certains rient sans cesse, tandis que la dureté d'autres visages ne vous laissent pas indifférent devant les traumatismes qu'ont pu subir ces enfants.
Ils sont tous habillés, nourris, logés s'ils le souhaitent, dans le centre. Mais beaucoup d'entre eux ne viennent que la journée. Lors de leur arrivée, ils doivent inscrire leur nom et l'heure à laquelle ils entrent et sortent du centre sur un cahier, à l'entrée. Lorsque l'on jouait dehors, je pouvais apercevoir des petites têtes d'enfants à travers les barreaux du portail, qui observaient la scène, et e n'avais qu'une envie, leur dire "Entre, vient avec nous, ici, tu es en sécurité."
Je ne sais pas exactement quels enfants sont autorisés ou non à entrer, à rester...je me renseignerai demain. En tout cas, le centre est un lieu de paix où ils peuvent oublier pendant un bref moment ce que la vie leur fait subir chaque jour.
En voyant les enfants s'amuser, on pourrait parfois oublier d'où ils viennent; leur vivacité, intelligence, sociabilité, sont si trompeurs...J'ai toujours mal à chaque fois que je vois une petite de 8 ans, brandir son cahier de la main droite car la gauche est amputée...
Hey hey !
Il est 20h45 et je viens de terminer de publier tous mes articles en retard...Je suis au cyber-café en train de boire un chocolat frappé, et pour la première fois, les moustiques m'attaquent lors que je suis à l'intérieur !
Tout d'abord, merci beaucoup pour tous vos commentaires, que je lis tous les jours, évidemment. Ne vous inquiétez pas si je ne réponds pas à chaque commntaire, je n'ai pas vraiment le temps car publier les photos sur le blog est déjà long, mais j'adore lire vos commentaires, merci !
Alors, what about this afternoon ? Eh bien c'était...génial. Je suis allée au centre sans n'avoir rien préparé de spécial car je n'ai pas eu le temps ce midi, mais l'improvisation fut la bienvenue. Nous avons pu faire des jeux dans la cour extérieure car il faisait très beau en début d'après-midi...l'autre volontaire et moi avons suggéré des jeux, et la prof d'Anglais expliquait les consignes aux enfants en Khmer...sans elle, ça aurait été impossible.
Bonjour, bonjour !
Alors aujourd’hui : premier jour de placement au centre ! Il faut que je vous raconte ma première matinée (je vous écris, il est actuellement 12h55 à Phnom Penh).
Ce matin, je suis partie en moto à 7h30 pour arriver vers 7h45 au centre. Il pleuvait (sympa, en moto !), mais seulement quelques gouttes, donc ça allait. Je vais tenter de vous raconter cette matinée, qui était assez…déstabilisante à vrai dire.
Lorsque je suis arrivée donc, il y avait une jeune femme qui surveillait l’entrée du portail ; personne d’autre n’était devant la porte, j’ai donc tenté de l’ouvrir moi-même, la jeune femme m’a souri et aidée…sauf qu’elle ne parlait pas un mot d’Anglais. Je suis rentrée dans une petite cour où quelques enfants trainaient ; à ma vue, ils me disaient « Hello ! », me souriait…mais il n’y a avait personne pour m’accueillir, m’introduire, m’expliquer quoi que ce soit…j’ai attendu, et la femme de ménage (en même temps cuisinière etc.) est venue à ma rencontre, m’a ouvert la maison et m’a dit de m’asseoir. J’étais donc dans une petite salle, où étaient installés dans un coin des ordinateurs, un tableau blanc, des chaises…mais la femme de ménage ne pouvait pas me parler en Anglais. Pendant un quart d’heure, je suis donc restée assise, à sourire aux enfants qui m’observaient et me demandaient mon nom…c’était un peu…confus à vrai dire. Les enfants ne faisaient rien de spécial, mais une jeune fille qui parlait bien anglai m’a expliqué qu’ils attendaient la prof d’anglais. Je commençais un peu à paniquer, car je ne savais pas vraiment quoi faire…
Puis, un des coordinateurs de Project Abroad est arrivé ; il était surpris de me voir déjà sur le lieu, et m’a demandé comment j’étais arrivée là. Il semblait un peu nerveux ; je lui ai expliqué que le chauffeur m’avait attendu devant l’appartement comme convenu, et juste emmenée, que je croyais que lui aussi aurait été là à 7h30, mais que ne l’ayant pas vu, j’avais pensé que mon chauffeur avait changé…il a compris, mais m’a précisé qu’il était arrivé vers 7h40 et que d’autres volontaires lui avaient dit que j’étais déjà partie avec un chauffeur…bref, ce n’est pas de ma faute, comment pouvais-je savoir qu’il fallait que je l’attende ?
Enfin, après cela, un des managers du centre est arrivé ; il nous a reçu dans son bureau, et là, lui et le gars de Project Abroad ont entamé une conversation interminable en khmer, à propos de ce que je devais faire en tant que volontaire, etc. En fait, c’est bien simple ; je n’ai rien de spécial à faire. Je m’y attendait un peu, car c’était similaire pour les autres volontaires au début. Ceux qui enseignent ont leur propre classe donc ils peuvent s’organiser comme ils veulent…mais là, il y a déjà une prof d’anglais, de littérature, qui ne font pas grand-chose d’ailleurs…ils m’ont répété que j’avais demandé le projet « Care », donc que je devais faire des choses en rapport, mais pas spécialement enseigner…en fait, c’est le gros bordel. Ils ne sont pas vraiment organisés. Une autre volontaire anglaise est arrivée, j’étais rassurée car je n’étais plus la seule ; elle ne part pas avec Project Abroad, mais est hébergée dans une famille khmère ; elle ne fait pas grand-chose à vrai dire, selon elle. Elle assiste juste la prof d’anglais, joue un peu avec les enfants…mais il n’y a pas d’activités concrètes réalisées.
Je me suis sentie un peu perdue en ce début de matinée ; j’ai parlé au manager, lui ai dit que je pourrai organiser des activités pour les enfants, aidant pour les cours d’anglais, d’informatique etc. Il m’a dit que demain matin, il me donnerait un vrai emploi du temps. Il m’a proposé d’aller aider en cuisine ; j’ai aidé la cuisinière et les enfants à couper de la viande (grasse, horrible, qui sent mauvais…au moins, les enfants ont des repas, mais…beurk !)…je l’ai fait pendant 10 minutes, car l’on était trop à l’œuvre, et je ne savais pas aussi bien faire qu’eux (je galérais pour couper la viande, eux le faisaient en frappant la viande, moins en découper délicatement…)…puis, je suis allée voir les cours d’anglais ; magie ! La prof, qui a 23 ans, parle le Français ! J’ai donc échangé avec elle, elle est très gentille. Elle m’a dit que les volontaires ne faisaient pas grand-chose en fait. Que la plupart s’ennuyaient également lorsqu’ils allaient dans la rue, car ils ne pouvaient rien faire sans parler la langue…super, me suis-je dit…mais j’ai gardé mon sang-froid sans perdre espoir. Peut-être ne font-ils rien car ils ne prennent pas d’initiatives. Mais c’est très dur d’organiser des activités avec les enfants quand on ne parle pas la langue…
Les cours d’Anglais sont aussi assez anarchiques ; en fait, les enfants vaquent un peu n’importe où, et ceux qui ne suivent pas les cours peuvent faire ce qu’ils veulent…bref, pas d’organisation, un peu déstabilisant. Je me suis dit « Mais à quoi vais-je bien pouvoir être utile ? »
Puis, l’Anglaise et la prof d’Anglais sont allées boire un café pendant près de 45 minutes ; là, les enfants sont laissés…ils font ce qu’ils veulent. Ok…pas très rigoureux tout ça. J’ai donc tenté de leur apprendre des mots en Français ; ils me demandaient sans cesse mon nom. Certains voulaient absolument que je dessine sur leur cahier des fruits, j’ai donc…dessiné pour eux.
Puis, les filles sont revenues. Le « cours » d’Anglais a repris, enfin, pas vraiment en fait. C’était au tour des enfants plus âgés. Là, trois jeunes filles de 16 et 17 ans n’ont pas arrêté de me poser des questions en khmer ; la prof traduisait, et là, ça devenait amusant. Elles me demandaient comment la vie était en France, combien m’a coûté mon voyage (je n’ai pas vraiment répondu à cela), si j’avais une famille, ce qu’on mange en France…l’une a marqué « I love you Alizée » sur le tableau, l’autre m’a dit « You are beautiful »…certains me touchaient les bras, m’observait…c’était émouvant et amusant. Une petite fille, plutôt timide, me demandait de corriger ses lignes d’écritures et souriait à chaque fois que je lui écrivais « Very good » en haut de la page…c’était adorable. J’aurais tellement voulu parler khmer, pouvoir communiquer sans intermédiaire, car les enfants veulent me dire des tas de choses, mais la langue est un barrage !
La fin de matinée était donc plus rassurante ; je crois qu’il faut que je m’habitue aux enfants, et que je trouve quelques idées de jeu. Ce n’est pas évident…ce qui me surprend, c’est qu’aussi bien la prof, que le manager, que l’Anglaise, ne prennent pas d’initiatives particulières…j’ai parlé avec les deux filles, et elles aimeraient aussi qu’on prépare quelques jeux ou autre pour eux. Ce soir, j’irai sûrement acheter des choses à la papeterie. La matinée se finit à…11h ! Donc à 11h, tout le monde s’en va, en gros. Les enfants mangent avec les cuisinières, et les autres ne reviennent qu’à…14h, sauf la prof qui revient à 13h00…c’est un peu spécial. On dirait qu’ils n’ont qu’une envie ; rentrer chez eux, en fait.
Je suis donc repartie vers 11h15 (le chauffeur était en avance)…j’ai raconté tout aux autres volontaires (nous n’étions que 4 ce midi, à manger à l’appartement)…nous avons déjeuné entre 12h et 12h30. J’ai pu parler avec elles, c’était plus rassurant car elles ont eu la même impression que moi en arrivant ; celle d’être inutile, plongée dans un centre où elles n’avaient rien à faire de spécial…mais pour celles qui enseignent, c’est un peu différent. Elles suivent une classe pendant un mois, donc peuvent mettre en place des choses. Moi, je ne reste qu’une semaine au centre, je n’ai pas le temps de connaître vraiment les enfants, leur organisation…mais bon, je reste positive, la dernière heure de la matinée m’a redonné espoir.
… « America Cup », coupe de glaces aux litchis, cacahuètes, avec sauce caramel, amandes grillées, et parts de brownies…bon ok, pas très khmer tout ça, mais bon, c’est pas de ma faute s’ils n’ont pas de pâtisseries à eux !
Nous avons discuté, rigolé, puis nous sommes rentrées vers 21h45. J’ai pris ma douche, et voilà, j’ai commencé à vous écrire pour vous conter cette journée. Je ne vous oublie pas, mais ne vous inquiétez pas si je ne publie pas les articles le jour J, car parfois…je vais ailleurs qu’au cyber !
Quelle heure est-il ? 23h ? Ah nan, minuit ! Je ne suis pas du tout fatiguée, alors que j’étais réveillée vers 6h ce matin…Camille, qui partage ma chambre, est sans cesse fatiguée, elle ne se couche pas plus tard que 22h…c’est dommage, mais bon. Elle m’a dit qu’elle changerait peut-être de chambre la semaine prochaine car une des volontaires libère une chambre climatisée, et elle qui est fan du ventilateur tient absolument à avoir cette chambre ! Bah, qu’elle y aille ! J’aurai sûrement une nouvelle volontaire avec moi.
Il faudrait quand même que je regagne ma chambre ; ma crainte est juste de la réveiller. Mais bon, j’essaie quand même d’être discrète, alors…
Je n’ai plus qu’à vous souhaiter une bonne nuit ; je suis pressée d’être demain ! Je publierai mes deux jours de retard, et vous raconterai ma première journée… !
See you tomorrow !
Nous avons ensuite décidé d’aller à River Side manger un autre dessert pour le dernier soir d’Audrey, l’étudiante en médecine, qui s’en va demain. Nous étions dix à sortir, et tous les tuk-tuk se sont précipités vers nous à la sortie de l’appartement ! Nous avons négocié 2 tuk-tuk pour 4$. Nous sommes allées au « Blue Pumpkin », salon de thé, glacier, pâtissier, et voilà ce que j’ai pris…
Bonjour, bonjour !
Tout d’abord, mille excuses pour la publication tardive des articles du 31 juillet, et pour ceux du 1er août, jour où je suis en train d’écrire ; mais je ne suis pas allée au cyber-café aujourd’hui, donc vous aurez le compte-rendu de ces deux jours demain, c’est-à-dire mardi 2 août !
Alors, aujourd’hui, qu’ai-je fait ? Je n’ai pas de photographies particulières à vous montrer, car c’était jour de « réunion ». Je m’explique ; ce matin, je suis partie avec Clarissa et un des membres du staff de Project Abroad dans un bureau situé dans un quartier de Pnom Penh à environ 20 minutes du nôtre ; là-bas, nous étions 6 nouveaux volontaires à assister à la réunion de présentation générale ; les autres volontaires sont hébergés dans les autres appartements. J’ai fait la connaissance de Nicolas et Audrey, deux Français ; le premier participe au projet « kinésithérapie » (papa !), et la seconde au projet « Care ». Nous avons bien sympathisés ; c’est tellement dommage qu’ils soient hébergés dans des appartements si loin des nôtres ! Mais demain, je demanderai leur numéro de téléphone à Sophan, celui qui nous a présenté le projet, avoir de pouvoir entrer en contact avec eux, et pourquoi faire des sorties ensemble ou aller boire un verre.
Que s’est-il dit à cette réunion ? En fait…pas grand-chose. Enfin si, beaucoup, mais je connaissais déjà la majeure partie des infos en ayant discuté avec les volontaires de mon appartement. Pendant près de trois heures, Sophan nous a expliqué les règles de vie quotidienne dans les appartements, comment utiliser l’argent au Cambodge, que faire en cas de problèmes de santé etc. Assise pendant trois heures à l’écouter parler (en anglais, bien sûr !), j’ai failli m’endormir à vrai dire. Ce gars est très gentil, mais trop bavard !
Après cela, nous sommes partis en tuk-tuk afin de s’acheter des cartes de crédit téléphoniques pour nos téléphones ; en fait, la plupart de nos portables ne captent rien du tout ici, donc nous avons presque tous dû racheter…un téléphone ! Mais alors, le modèle le plus basique des basique, qui coûte 12 $. C’était beaucoup plus pratique comme ça ; on pourrait, bien sûr, se passer de téléphone pendant un mois vous me direz, mais pas quand on fait du volontariat. Si l’on veut se joindre entre volontaire, joindre le staff etc., c’est presque indispensable. J’ai donc un super beau portable qui peut appeler et envoyer des sms, youhou !! C’est parfait, ça me convient bien, à moi, qui en réalité n’utilise l’iphone que pour…téléphoner ! (nan, quand même, internet etc., c’est bien utile, mais ici, internet avec le téléphone, il ne faut pas y penser vu le prix !)
Nous sommes rentrées vers 12h45 de notre matinée ; nous avons déjeuné (encore délicieux, mais encore oublié de prendre une photo !!!), puis nous sommes reparties à 14h afin d’être chacune introduite à notre placement.
Et là, enfin, j’ai pu avoir plus d’infos sur ce que j’allais vraiment faire, sur le projet, sur l’association pour laquelle je vais travailler !
J’ai été accueillie dans le bureau du sous-directeur de l’association, qui était adorable. Nous nous sommes assis, lui, Sophan et moi (Rappel : Sophan, c’est un des membres du staff de Poject Abroad, il faisait le traducteur anglais-khmer entre le sous-directeur et moi !), autour d’un thé. Pendant près de deux heures, le sous-directeur m’a parlé de l’association, de ce que les volontaires faisaient etc. Il s’agit d’une association qui protège les enfants des rues, contre la violence, la pauvreté, l’esclavage, mais aussi les femmes. Elle existe depuis 1996, et a été reconnue par le ministère il y a peu ; en effet, toutes les ONG au Cambodge, pour exister, doivent signer un contrat de reconnaissance par le ministère. Concrètement, l’association possède deux « terrains » d’action ; un centre dans lequel sont recueillis les enfants des rues, et la rue. Dans le centre, certains enfants viennent faire de brefs séjours où ils sont pris en charge par des infirmières, sont envoyés à l’école ou apprennent un métier, reçoivent des cours d’anglais, d’informatique…en fait, contrairement à ce que l’on pourrait croire, le centre est le dernier recours après les actions menées dans la rue. En effet, le but est d’améliorer directement les conditions des enfants dans la rue même, en les faisant travailler, en négociant avec les parents (s’il y en a) pour les envoyer à l’école…mais quand cela devient impossible, ils sont envoyés dans les centres, où ils ne restent pas plus d’un an selon leur état de santé principalement. Le centre a donc pour but de leur offrir l’opportunité de basculer dans la vie active, de prendre un nouveau départ, ou de meilleures habitudes…
Dans la rue maintenant ; l’association distingue trois types d’enfants ; ceux issus des bidonvilles, qui ont une famille, mais qui doivent travailler, aller fouiller dans les décharges etc. pour survivre ; ceux qui sont extrêmement pauvres, qui ont un logement mais qui deal pour manger par exemple ; et enfin, ceux qui sont seuls, à trainer toute la journée dans la rue, à mendier, à se droguer, etc. L’action des volontaires dans la rue est donc de favoriser durant de brefs moments des activités de groupes pour faire passer de bons moments aux enfants, de leur apporter des soins, ou encore d’aller à l’approche des familles dans les bidonvilles afin de les convaincre d’envoyer les enfants à l’école.
Je participerai donc à ces deux types de mission ; m’occuper des enfants dans le centre, et aller dans la rue. Je ne pense pas que j’irai dans les bidonvilles, car ce sont plutôt des volontaires locaux qui y vont, plus expérimentés, et surtout, qui parlent khmer, en savent beaucoup sur la vie des communautés dans de tels lieux. Cette association me semble sérieuse et fort intéressante. Je suis impatiente de commencer demain ! Le sous-directeur m’a donné mon emploi du temps pour le mois ; cette semaine, je travaille au centre, afin de « m’habituer » aux enfants, et pour que le choc avec les conditions dans lesquelles ils vivent soient amoindri. Puis, les deux semaines suivantes, je vais dans la rue, dans deux lieux différents. La dernière semaine, je pourrai choisir d’aller soit dans la rue, soit dans le centre, selon ce qui m’a davantage intéressé.
Ce projet est différent de la plupart des projets « Care » que font les autres volontaires de mon appartement. L a plupart travaille en orphelinat ou dans les écoles ; je suis contente de pouvoir aller dans les rues, approcher la « vraie » vie de milliers de Cambodgiens. Après, je ne veux pas me réjouir trop vite ; j’espère que j’aurai certaines responsabilités, enfin, je veux dire, que je ne servirai pas à rien. Mais je pense qu’en tant que volontaire, nous avons une certaine liberté ; nous pouvons par exemple écrire une liste d’objets à acheter pour pouvoir animer nos ateliers etc. Je verrai sur place ce dont j’ai besoin. En attendant, je ne veux pas me faire de films avant, je veux voir sur le terrain. Je ne réalise pas encore ce qui m’attend.
Nous avons donc beaucoup parlé ; des documents que je dois rendre signés m’ont été donnés, ainsi qu’un livret sur l’histoire de l’association, ses projets, un organigramme très intéressant qui montre d’où proviennent les enfants des rues, ce qu’ils deviennent après le centre etc. L’âge des enfants varie généralement de 6 à 17 ans ; au-delà de 13 ans, s’ils sont accueillis au centre, ils apprennent un métier. Le sous-directeur m’a expliqué que c’était nettement plus difficile d’agir quand les enfants étaient âgés, ce qui ne m’étonne pas. Certains sont déjà embarqués dans des gangs, mènent leur vie, se sont forger leur personnalité…
Je commence donc demain, demain, demain ! On vient me chercher en tuk-tuk à 7h30 ; je rentre à l’appartement à 11h30, et je repars à 13h30 jusqu’à environ 16h. Mais là encore, on est très libre ; si l’on veut partir arriver plus tard le matin, partir plus tôt l’aprèm ou l’inverse, c’est possible. Ainsi, je verrai ce que je ferai au fur et à mesure.
Après cette discussion, Sophan m’a emmenée changer ma carte sim (pour le nouveau téléphone !) car elle ne fonctionnait pas. J’ai donc fait beaucoup de tuk-tuk aujourd’hui, de réunion…mais c’était intéressant et nécessaire. Je suis rentrée vers 16h30 à l’appartement ; Clarissa, qui découvrait également son projet cet après-midi, semblait moins enthousiaste que moi ; en fait, elle était un peu déçue car elle est placée dans une école pour enseigner l’Anglais, alors qu’elle voulait faire du « Care », à des enfants de 6-7 ans, alors qu’elle avait précisé qu’elle préférait travailler avec des adolescents. Elle a un peu obtenue le contraire de ce qu’elle voulait, en fait. Mais bon, elle était tout de même contente et m’a dit qu’il n’y avait aucune raison pour qu’elle ne se plaise pas dans l’école. De toute façon, enseigner l’anglais dans une classe ou dans un orphelinat n’est pas très différent.
J’ai beaucoup parlé avec une autre volontaire française de mon appartement, que j’ai connue hier car elle était partie en excursion avant vendredi dernier. Elle est âgée de 22 ans et participait au projet « médecine » ; elle a trouvé cela intéressant de voir comment fonctionnait les hôpitaux cambodgiens, mais était choquée par la différence de niveau qu’avaient les étudiants français et les étudiants en médecine cambodgiens. Cela me semble très compréhensible, vu que déjà, ils commencent l’école beaucoup plus tard, dans des conditions très différentes des nôtres, et n’ont pas les budgets dont nous disposons. Bref, nous avons bien discuté, elle m’a parlé des excursions qu’elle avait faites autour d’Angkor et Sihanoukville (mais bon, mademoiselle prend des agences de voyages pour organiser ses weekends, tape dans les hôtels 5 étoiles…c’est sympa, mais bon… je ne compte pas m’organiser totalement de cette manière disons !). Demain soir, j’irai voir sur internet le prix des hôtels recommandés dans le guide, des bus etc. Ce weekend, nous aimerions aller vers Koh-Kong et le parc national du Botor avec Clarissa. J’aimerais faire une promenade dans la jungle, mais apparemment, ça ne tente pas trop Clarissa à cause des Sangsues ! Il parait qu’on s’en choppe plein, mais c’est marrant, ça ne me répugne pas plus que cela…ça se décolle, hein !
Bref, on verra bien ce que l’on fera. Angkor, je compte y aller le weekend suivant, sûrement avec les autres volontaires français de l’autre appartement qui étaient très intéressés pour voyager aussi de nuit.
Après mon retour à l’appartement, je suis allée me promener une demi-heure dans les rues alentour, pour faire du repérage ; j’ai pu observer les petits marchands ambulants de nourriture à chaque coin de rue, discutant entre eux en attendant l’acheteur (Cambodgien, pas pour les touristes), des hommes et des enfants jouant au foot sur la place du marché…certains jouaient à un drôle de jeu ; debouts en rond, ils se faisaient des passes avec le pied en utilisant une sorte de balle à volant, plus petite qu’une balle de tennis, plate sur le dessus, prolongée par un tube et vde grands volants…étonnant, mais en tout cas, ils s’amusaient bien, ça donnait envie d’aller jouer avec eux !
Sur la place du marché, il restait des stands de nourritures et de vêtements ouverts, entre lesquels circulaient beaucoup de Cambodgiens pour acheter quelques légumes, fruits ou poisson séché (j’avoue que ces stands-là, tenus pour la plupart par des chinois, ne donnent pas trop envie…).Ce marché est typique, local ; pas un touriste (sauf moi, quoi !), une odeur assez…repoussante, des nattes un peu sales (bon ok : très sales !), et un sol à peine carrelé, boueux. Je devais paraître un peu intrusive, moi, petite blanche européenne, avec ma chemise indienne et mon pantacourt de babos kaki, les cheveux longs pas bien coiffés…mais on me souriait, ou on me regardait l’air de dire « Quel intérêt peut-elle porter à ce marché ? ». Mais c’est ça que j’aime, essayer de me confondre à eux (bon ok, c’est raté, je ne fais vraiment pas Cambodgienne !)…j’aimerais tellement pouvoir leur parler, à ces commerçants qui s’ennuient à attendre le client ! Mais aucun ne parle anglais, normal.
J’ai pris un grand boulevard (pas jusqu’au bout, seulement un morceau !), et je me suis promis que la prochaine fois, je porterai un masque ! L’odeur d’essence, de poussières, voire d’égout…hum… ! J’avais l’impression que ma peau me grattait tant c’était sale ! J’ai croisé bon nombre de boutiques –dont la fameuse boulangerie dont je vous ai parlé l’autre fois !-, et surtout, des gens, assis sur les trottoirs, à attendre, à parler, à regarder les passants…une mère et ses enfants m’ont dit « Hello » et « Bye ! » avec un grand sourire ; des policiers me saluaient, un ou deux tuk-tuk ont tenté leur chance, des enfants jouant à la corde m’ont dit quelque chose en khmer en rigolant…certains me regardaient d’un aire amusé quand j’ai dû traverser le boulevard et risquer ma vie (en fait, pas tant que ça, car même si ça roule à l’arrache, on vous laisse passer, ça fait partie des « règles », pas comme à Paris où quand le feu est rouge, tout le monde s’en fou et tant pis si on vous renverse !).
Et puis, j’ai aussi vu ces enfants, les enfants des rues, jouer dans un chantier sale, les vêtements, les mains, les pieds, les cheveux souillés, mais souriant…ou encore ces petits mendiants, ou ces marchands de bracelets de fleurs à déposer sur les statues de bouddha…l’un d’entre eux m’a fixé de ses grands yeux noirs profonds ; j’ai souri mais j’étais terriblement gênée ; toi, l’étrangère, devait-il se dire, que trouves-tu de beau à ce pays qui ne m’offre rien que de la pauvreté, pourquoi tu ne te contentes pas du tient, de la chance que tu as d’être riche ?
Je suis rentrée vers 18h30, après être passée par un marchand de cosmétiques et produits de beauté afin de voir le prix des rasoirs jetables ; 1,50$ le paquet de 5. Je regarderai au supermarché.
Clarissa et Rikke étaient au cyber-café ; je les ai rejointes, et nous sommes rentrées dîner avec les autres vers 18h45. Encore oublié la photo, bien sûr ! Encore succulent, surtout la nouveauté qui était des sortes de bricks aux œufs, poissons, viande et légumes, la salade de soja et pâtes, les haricots au poulet sauté, le mélange de gros morceaux fondants de tofu, omelette, légumes…et ces fruit si bons ! J’ai goûté aux Ramboutans, sorte de gros litchis poilus, sucrés, à la chaire plus ferme, qui ont un léger arrière-goût de datte…j’adore !
Nous avons donc pris un tuk-tuk pour rentrer ; juste avant, nous avons demandé au chauffeur de nous arrêter pour acheter les petits déj de Clarissa. J’en ai profité pour m’acheter du lait et des céréales, histoire d’alterner avec les toasts !
Nous sommes rentrées à l’appartement. Clarissa a fait connaissance avec d’autres volontaires qu’elle n’avait pas encore vues, et est allée avec elles à la laverie pour faire une machine de ses vêtements sales des Etats-Unis.
Je me suis un peu posée dans ma chambre et avec les filles qui revenaient d’un massage thaï (j’irai en semaine, c’est 5$ pour une heure de massage, et il parait que c’est super !), et je suis allée boire un coca en au cyber-café pour me connecter avec les autres filles. J’ai aussi bien apprécié le kinder-délice qui me restait de l’avion, bien fondant et écrasé, mais c’est comme ça que c’est le meilleur en fait !
Et voilà, je me suis connectée, vers 17h, et nous sommes allées manger vers 18h45. Ce soir au menu ; bœuf mijoté aux oignons aigre-doux, riz, crudités en sauce délicieuses, poulet sauté aux légumes, omelette garnie aux légumes, œufs durs, fruits bien frais…j’adore. J’ai encore oublié de prendre une photo, demain, promis ! J’adore la cuisine asiatique ; peut-être que j’en aurai ras-le-bol à la fin, mais je ne pense pas !
Je suis donc, maintenant à vous écrire, le dimanche 31 juillet à 20h30 ; il est 17h30 en France, et l’on sera lundi quand vous lirez ces lignes.
Demain, je ne commence pas mon projet réellement, je suis « introduite » à mon placement. En fait, demain matin, Clarissa et moi allons, avec l’un des membres de Projects Abroad, participer à une sorte de réunion d’informations, pour signer des papiers ou je ne sais quoi, etc. L’après-midi, normalement, nous allons chacune être présentées là où nous allons « œuvrer ». Ce n’est pas au même endroit, dommage ! En fait, je n’ai pas trop compris où j’allais agir, ni ce que j’allais faire, mais on verra bien ! J’espère que ce sera une bonne surprise…
Je suis un peu frustrée de ne pas savoir parler khmer ; j’aurais tellement aimé parler avec les moines, les habitants qui vont prier aux temples ! Beaucoup de jeunes déambulent dans les temples en nous regardant, nous, étrangers, en souriant ; comme s’ils avaient envie d’en savoir davantage sur nous, tout autant que moi je veux en savoir sur eux ! Mais nous ne parlons qu’anglais ; avec les chauffeurs, les guides, les serveurs…Je ne sais que dire bonjour en khmer, et encore, je n’ai pas le réflexe de le dire dans cette langue quand j’entre dans un endroit ! Tous les autres volontaires n’utilisent que l’anglais…il faut dire que les anglophones ne font aucun effort pour parler autre chose qu’Anglais ; je ne leur en veux pas, mais par exemple, certaines volontaires anglaises ont appris le Français, mais aucun n’a jamais rien dit en Français ! Pourquoi se fouler quand on parle une langue internationale ?!
Il faudrait quand même que j’apprenne les bases. Ce soir, je commence par le plus simple : bonjour, merci, au revoir etc. Et demain, je les utilise et je m’incline comme eux les mains jointes pour saluer ! Parce que c’est sûr, si l’étranger ne se montre pas avenant, les Cambodgiens utiliseront l’anglais ou rien du tout, car en fait, très peu parlent anglais, et encore moins les enfants. Les volontaires qui enseignent me disent qu’au départ, c’était assez difficile de communiquer en anglais avec des jeunes enfants qui ne savaient pas un mot de la langue ! Mais les enfants ont compris qu’apprendre l’anglais était indispensable à leur avenir…
Je trouve qu’il n’y a pas beaucoup de touristes au Cambodge, enfin, à Phnom Penh. Il y a aussi davantage de touristes asiatiques, enfin, d’après ce que je peux voir, en réalité, je n’en sais rien. Pourtant, le Cambodge est cher touristiquement parlant, beaucoup plus que le Vietnam ou la Thaïlande me disaient les filles. Les produits de supermarché sont super chers ; 8$ le pot de nutella ! On s’en passera ! Le lait coûte minimum 1,5$ la bouteille, même le lait de soja…il faut dire que les Cambodgiens achètent surtout au marché, ne mangent pas de laitages ou très peu, ni de gâteaux secs et sucreries. Forcément, les petits touristes qui achètent leurs céréales pour le matin mettent le prix !
J’ai une forte envie de prendre une douche et de me laver les cheveux. C’est ce que je vais faire ensuite, et je retournerai après avec les autres filles qui sont devant une série américaine qui a l’air bien pourrie d’ailleurs !
Demain, je dois être prête pour 8h15, ça va, je vais survivre ! On ne commence pas tôt le matin, puisque de toute façon, les écoles, les orphelinats etc. n’ouvrent pas à 6h !
J’ai chaud, j’y vais. Je crois qu’il pleut dehors, ah non, ça s’est arrêté.
J’aurais bien aimé aller en-dehors de Phnom Penh le weekend prochain ; Angkor ou ailleurs, peut-être que je vais attendre pour Angkor. J’ai un peu regardé les tarifs ; 6$ en bus (7h !), 8$ en van (5h !), 180$ en avion ( !), 10$ en bateau (5h)…en taxi, ce doit être aussi inabordable qu’en avion. J’aimerais bien prendre le van de nuit, ou le bateau. L’idéal, ce serait de partir vers 18h, je réserve mon hôtel avant sur internet, j’arrive vendredi soir, je repars dimanche aprèm…je vais voir avec les autres filles qui veulent y aller. Mais j’avoue que 7h de bus en journée, ça me tente moyen on va dire !
Bon allez, j’y go vraiment maintenant. En fait, je suis trop bavarde, faut que je fasse des articles plus synthétiques et intéressants pour vous (du genre ; sans mes réflexions à deux francs sur mon organisation !).
Gros bisous je vous aime !
Ah, il pleut !
Donc ce musée était sympa, pas long, avec de riches collections ; j’ai bien fait de ne pas écouter Camille et Amélie, les deux autres volontaires françaises, qui ne voulaient pas y aller car elles ont « entendu dire » que ça ne valait pas le coup de mettre 3$ dedans…et bien, elles ont tort ! D’autant plus que le coût d’entrée est dérisoire quand on compare à nos musées, et que cela contribue à maintenir leur ouverture ! Clarissa et moi n’avons donc eu aucun regret d’y être allées.
Clarissa était un peu fatiguée (la pauvre, décalage horaire de 10h en plein nez, arrivée à 1h du mat’, pas dormie de la nuit…) ; mais elle avait tellement envie de voir, de visiter dès son premier jour ! Au moins, c’est un point commun que nous avons ! Les autres volontaires semblent déjà un peu plus blasées, faut dire que ça fait minimum un mois qu’elles sont ici ; pourtant, je n’ai pas l’impression qu’elles aient visité tout Phnom Penh ! Il y a tant à voir !
Après cette mini-ballade, nous avons décidé de visiter le Musée National. Comme vous le voyez sur la photo, il s’agit d’un beau bâtiment traditionnel en terre cuite, construit entre 1917 et 1920 autour d’un charmant jardin. Il fut seulement fermé durant l’époque des Khmers rouges (et non détruit, c’est déjà ça !). Je n’ai malheureusement pas été autorisée à prendre des photos à l’intérieur du musée…mais vous pouvez apercevoir derrière les jardins des sculptures khmères en pierre, datant du Vème au XIVème siècle. Ce sont surtout des statues de divinités, des masques, des bijoux en métaux précieux, des poteries, dont la plupart ont été ramenées des temples d’Angkor (dont je vous parlerai quand j’irai !). Au fait, les divinités dont je parle à chaque fois, ce sont les divinités bouddhiques, comme Vishnou, Shiva, Ganesh…je vous chercherai quelques photos sur internet ! On fera un cours sur le bouddhisme, tient, ça pourra aussi m’être très utile !
Après le Vat Phnom, nous nous sommes baladées le long de River Side, dont l’aspect est totalement différent le jour (Rappel : River Side, c’est le long des quais où nous sommes allées manger hier soir…) J’ai donc montré à Clarissa où se trouvait le marché de nuit, les restaurants etc. Il ne pleuvait pas à ce moment-là, mais il faisait lourd ! Car oui, j’oublie de vous parler de la météo, mais en ce moment, il pleut bien ! De grosses bonnes averses qui annoncent que la saison des moussons commence bien. Mais d’un autre côté, ça rafraîchit !