Wonderfull
19/08/2011 19:30 par volontaireaucambodge
Je n'étais ps du tout fatiguée après les temples car nous n'avons pas tou enchainé du coup, et il ne faisait pas une chaleur intenable; j'étais tellement contente d'avoir fait cette première découverte : Nous sommes revenus à l'hôtel vers 14h30, et cela tombait bien, car Fabienne et Habby devaient arriver bientôt !
Je les ai donc attendues, elles sont arrivées un peu plus tard que prévu, vers 16h; mais pendant ce temps, je n'ai pas arrêté de parler avec le personnel de l'hôtel qui se tient derrière la porte et le comptoir, c'était super !
Puis les filles sont arrivées, se sont installées...je vais très vite, désolée, mais je détaillerai tout le weekend plus tard, ne vous inquiétez pas !
Comme vous pouvez le voir sur cette photo, je me suis fait des amis coréens, qui voulaient absolument prendre une photo avec moi, allez savoir pourquoi...j'ai remarqué que prendre une photo avec un occidental fait partie du folklore chez les asiatiques qui voyagent.
Ces temples sont absoluement sompteux, immenses, sculptés de manière si complexe et raffinée...finalement, le temps s'est maintenu et il a même fait beau à partir de midi ! Mon tuk-tuk m'emmenait de temples en temples, en m'attendant à chaque fois.
Je fais une parenthèse en vous disant juste qu'à l'heure où je publie, il est minuit, je suis dans mon lit, fatiguée; je vous raconterai plus en détail mes émotions à la vue des temples, je publierai des photos plus tard dans le weekend. Mais sachez que c'était somptueux, tellement bien que je péfère êre très brève dessus que d'écrire quelques lignes mal approfondies; je vous en dirait plus à la fin de mon weekend !
Coucou !!!
Et oui, me voilà en train de poser devant le Bayon, un des temples les plus connus d'Angkor ! Les Japonais étaient ravis de me prendre en photo devant es temples.
J'ai visité des temples jusqu'à 14h30 aujourd'hui; j'ai acheté un pass pour trois jours, car je préfère prendre mon temps pour bien admirer et profiter des temples, quitte à ne faire que des demi-journées, plutôt que d'enchainer un tour complet qui dure la journée entière et être lassée !
J'ai du vo temples aujourd'hui, tous plus beaux les uns que les autres; mais je n'ai pas encore vu le principal, le fameux Angkor Vat, ni le Ta Prohm, car...je garde le meilleur pour la fin !
Je pourrai passer des heures à vous décrire ce que j'ai vu...c'était merveilleux. Evidemment, j'ai pris plein de photos, mais je ne peux les mettre toutes en ligne...en voici quelques unes; sachez que ces temples ont pour la plupart été construits sous le règne des rois khmers du XIIème siècle; leur beauté est à couper le souffle, et ce n'est pas pour rien qu'ils font partie des sept merveilles du monde...
Petite photo de l'hôtel by night, pris ce soir !
Donc, donc...je me suis bien installée, j'ai rangé mes petites ffaires dans la chambre, j'étais toute contente; malgré tout, j'hésitais sur une chose; que faire ? Prendre le tuk-tuk pour aller voir le temples aujourd'hui malgré le mauvais temps ? Mais si le temps est équivalent demain ?
Finalement, j'ai décidé d'y aller; j'ai appelé le tuk-tuk dont le uméro m'avait été donné par un des membres de Project Abroad (son frère), en lui demandant s'il était libre pour me faire faire un tour des temples; il est ainsi venu me chercher vers 8h30 à l'hôtel, et m'a proposé de faire les temples un peu plus reculés que ceux d'Angkor Vat; j'ai accepté, lui laissant planifier son tour, et nous sommes partis, sous le ciel gris, je me préparais psychologiquement à rentrer très vite à cause de la pluie...
Et me voilà partie pour Siem Reap ! Je suis montée dans le bus vers 23h30 hier soir, et à ma grande surprise, il y avait des sièges très inclinés pour dormir, une couverture, une bouteille d'eau fournies...super ! me suis-je dis, je vais pouvoir dormir ! Je me suis installée sur mon matelas relevé, j'étais bien, dans ce bus !
Le bus est partie à minuit trente car il manquait certaines personne, donc il n'a pas pu partir à l'heure; j'étais impatiente de décoller ! Et en route pour les temples d'Angkor !
Le trajet dans le bus passa beauoup plus vite que le trajet de jour; j'ai pu dormir, bon ok, ça bougeait un peu et le matelas était bien dur, mais c'était plutôt pas mal; je ne voyagerai plus qu'en bus de nuit lorsque j'aurai l'occasion de refaire un tel genre d'excursions !
Nous sommes arrivés à 6h du matin à la station de bus, qui se trouve juste à l'entrée de la ville. J'ai regardé par la fenêtre; oh non...des nuages, de la pluie fine qui tombe...peut-être que je ne pourrai pas commencer à voir les temples dès aujourd'hui...
Lorsque je suis sortie du bus, un amas de tuk-tuk drivers attendait à la sortie pour proposer leurs services afin de conduire les touristes aux hôtel; pour moi, l'hôtel que j'avais réservé avait envoyé un chauffeur de tuk-tuk, qui m'attendait avec une jolie pancarte imprimée avec mon prénom et mon nom; le chauffeur portait un tee-shirt bleu avec inscrit "Moher Home Guesthouse", c'est-à-dire le nom de la Guesthouse; son tuk-tuk était aussi aux couleurs de l'hôtel, bref, impeccable. Monsieur Kong est très sympa et parle très bien Anglais.
Il m'a conduit à l'hôtel, et là, j'ai été accueillie...comme une reine !
Déjà, on m'a tenu la main pour descendre du tuk-tuk, puis on m'a porté mon sac-à-dos; deux hommes attendaient à l'entrée pour ouvrir la porte, et là, tout le personnel s'est approché pour me saluer avec de grands sourires, de beau vêtements en soie...c'était agréable ! J'i eu le droit à m'essuyer les mains avec une petite serviette roulée qui sentait très bon- en fait, à chaque fois que l'on rentre dans l'hôtel, on nous tend une petite serviette pour se rafraichir les mains, comme celles dont on se sert avant de manger. Puis, on m'a invité à m'asseoir dans un fauteuil afin de remplir un papier, on m'a apporté un cocktail de fruits décoré de fleurs...grand luxe !
J'ai eu soudain un peu peur de m'être trompée d'hôtel; du coup, je suis allée redemandé le prix de la chambre pour trois personnes; 25$, ce qui fait partie des hôtels assez chers ici, c'est-à-dire un peu plus de 8$ la nuit chacune, autant vous dire que c'est...dérisoire ! Jamais on ne pourrait trouver cela en France !
Je suis montée dans ma chambre, qui est très clean, jolie, avec télé, wifi, mini-bar, thé, caffé gratuit, douche chaude (rare au Cambodge), sèche-cheveux...bref, la totale ! J'étais contente d'avoir suivi le conseil des aures volontaires pour le choix de l'hôtel.
Voici le nom du pub où nous sommes sortis hier soir; vous avez un petit aperçu de quelques volontaires qui sont avec moi aux appartements...quelle bande de fous ! On s'est bien amusé, hier soir; j'avais pris avec moi mon sac pour Siem Reap, car je suis partie hier soir à minuit. La soirée est donc vite passée, nous avons bavardé, écouté le super DJ complètement défoncé qui mixait toutes sortes de musiques, bref, soirée sympathique !
Voici le nom du pub où nous sommes sortis hier soir; vous avez un petit aperçu de quelques volontaires qui sont avec moi aux appartements...quelle bande de fous ! On s'est bien amusé, hier soir; j'avais pris avec moi mon sac pour Siem Reap, car je suis partie hier soir à minuit. L
Regardez-moi ce petit bout...je n'arrive pas à me souvenir de son prénom (on va dire qu'il ya 150 enfants, j'ai une excuse, en plus, les prénoms sont khmers !!!), mais il est adorable. Il est loin d'être le plus handicapé, certes; je crois qu'il a un petit retard mental, et le pauvre ne fait que ramper car il ne peut se mettre debout; ses pieds sont en pointe, il ne peut les poser à plat...beaucoup d'enfants au centre ont cet handicap. C'est très embêtant, car ils sont obligés d'être en fauteuil; je ne sais pas si les prothèses coûtent trop cher ou non, sûrement que oui, mais peut-être que leur malformation demande plutôt une grosse opération -bien trop chère, pour le coup.
Aujourd'hui, j'ai donc encore passé une super journée à pouponner ces petits handicapés. Ils sont si attachants ! Chaque enfant a sa personnalité que j'apprend à connaître jour après jour, et certains ont un caractère bien trempé !
Les femmes qui s'en occupent sont toujours aussi géniales. Je suis désolée, je vous décrirai plus en détails mon travail au centre, mais je vois l'heure qui tourne, et je dois y aller. Juste en bref, j'apprécie vraiment ce centre, au moins, je me sens utile, je sais ce que je dois faire, l'organisation me correspond mieux.
Je dois vous quitter, désolée, il faut vraiment que j'y aille ! J'ammène mon ordi à Siem Reap, l'hôtel a la wifi. Je me connecterai donc sûrement demain soir ! Je suis si excitée de voir enfin les temples sont on me parle tant ! J'espère que ce bus de nuit ne sera...pas trop pénible !
See you soon !!!
PS : ZUT, j'avais oublié: pour ma brûlure: plus d'inquiétudes, ça va beaucoup mieux, je ne dis pas ça pour vous rassurer, c'est vrai, la crème marche super bien, c'est en train de cicatriser. Mais ne vous inquiétez pas; si je vis que ça recommence à être moche, j'irai voir un médecin.
BISOUSSSSSSSSS !!!
Hey coucou !
Ah, je suis réglo, voici une petite photo ! Bon j'avoue, je n'ai pas encore eu le temps d'en prendre beaucoup au centre, à vrai-dire, j'oublie sur le moment ! Je m'efforcerai d'en prendre des meilleures la semaine prochaine.
Où m'étais-je arrêtée ? A mercredi midi, il me semble...là, il est 17h30 à Phnom Penh, je suis au cyber, pas d'aérobic aujourd'hui car d'une, je ne compte pas y aller tous les soirs, et deux...il pleut incroyablement fort !
J'ai donc un peu de temps pour parler à ma famille et mes amis...
Hier après-midi s'est très bien passé, nous avons bien joué avec les enfants; il faut dire que les après-midi passent très vite, vu que l'on arrive au centre vers 14h15 et que l'on repart à 16h; mais comme je le disais l'autre fois, et les autres volontaires pensent la même chose, c'est bien comme ça, car les enfants, c'est fatiguant malgré tout !
Hier soir, après le dîner, je suis sortie avec Beauravie et Srah, qui travaillait avec moi dans l'ancien centre; ça m'a fait très plaisir de les revoir ! Cependant, j'ai appris quelques chose de moins sympa; apparemment, Projects Abroad n'a pas prévenu mon ancien centre que je changeais de placement ! Du coup, le manager se demandait chaque jour pourquoi je ne venais pas, il croit que je suis vexée de ne pas pouvoir aller dans les bidonvilles, et en gros, je passe pour la fille qui est partie du jour au lendemain sans prévenir...je n'apprécie pas du tout cela ! Pourtant, les membres de Projects Abroad m'avaient assuré qu'ils arrangeraient tout, c'est leur boulot après tout, mais ils n'ont prévenu personne en réalité ! Je suis très gênée...Beauravie m'a dit que je devrais peut-être repasser au centre pour expliquer...mais ce n'est pas qu'à moi de le faire ! Déjà que le manager ne m'adresse à peine la parole...et je crois que je n'ai pas à me justifier...il faut absolument que j'en reparle au staff de Projects Abroad ! Ce n'est tout de même pas correcte pour le centre ! Ce malentendu est bien la preuve de l'inorganisation et de la négligence qui règne ici.
Enfin, j'estime que je ne dois pas me sentir responsable de cela; certes, c'est mon choix de changer, mais ce n'est pas de ma faute si le centre ne m'informe de rien, si l'on m'a fait espérer chaque jour d'aller dans la rue sans rien au final ! J'avais je n'aurais soupçonné que le centre ne serait pas au courant de ma décision...
Bref, j'en parlerai; cela ne me pose pas de problème par rapport à moi-même, à l'image que le centre peut avoir de moi, mais c'est surtout par rapport aux enfants, au personnel, qu'on les prévienne que je ne reviendrai plus !
Sinon, à part cela, notre soirée était très sympa; Beauravie avait amené une autre amie cambodgienne, et toutes les deux nous ont amenées dans un quartier que je ne connaissais pas...et que je ne fréquenterai pas autant que River Side !
Je vous explique; nous voulions trouver un pub ou bar pour boire un verre et prendre un dessert; nous nous arrêtons dans le premier qui nous paraissait bien; il s'appelait "Black cat". Nous sommes entrées et...vite ressorties ! En pénétrant dans le pub, des hôtesses habillées de façon très sexy en noir nous ont accueillies avec le sourire, surprise de voir quatre fille débarquer ici...car en regardant autour de moi, je me suis vite rendu compte dans quel genre d'endroit nous étions tombées; à chaque table, des hommes, blancs, assis entre quatre ou cinq cambodgiennes, riant, buvant, etc. -vous imaginez. En gros, c'était un bar à prostituées de "luxe" on va dire, comme il y en a beaucoup au Cambodge. Je ne suis pas vraiment choquée par ce genre d'endroit, j'en ai vu d'autres et je sais bien que ça existe partout, mais là, ce qui me mettais mal à l'aise, c'était le fait que tous les hommes étaient des occidentaux, de ceux qui enouragent le tourisme sexuel, qui ne sont que pour ça, et c'est absolument écoeurant. J'avais envie de leur cracher dessus, de les huer, ces hommes minables, qui pensent être les maîtres du monde parce que cinq filles habillées en "Chat noir" vont passer la soirée et la nuit avec eux.
Enfin, c'était dégueulasse -excusez-moi, mais pour parler de ça, il n'y a pas d'autres mots-, donc nous sommes parties...et ce fut difficile de trouver un autre bar, car tous étaient ainsi. En fait, nous étions dans le quartier chaud, ou plutôt, le quartier spécial "tourisme sexuel". C'est l'amie de Beauravie qui voulait venir là car elle voulait aller en boîte après le pub; et bien vu le quartier, je n'imagine même pas la boîte !
C'est assez frappant de voir les différences de comportements des jeunes cambodgiennes le jour et la nuit; déjà au niveau des vêtements qu'elles choississent, couvrant tout le corps le jour et extrêmement court la nuit, mais surtout, j'ai souvent noté un décalage entre leur discours et leurs actions; elles sont gênées si vous leur parlez de votre bretelle de soutien-gorge qui tombe sous votre tee-shirt, mais se déhanchent comme personne en boîte et ne sont pas particulièrement affectée par le tourisme sexuel. Mais cela se comprend; moi, je vois cela d'un regard d'occidental, donc je ne peux juger leur attitude; mais c'est étonnant. Les Cambodgiennes sont bien plus dévergondées que ce que l'on pourrait croire. Encore une fois, ce n'est pas du tout une critique, ni une vérité générale. Mais chaque jour, je me rends compte de façon plus globale du décalage qu'il peut y avoir entre l'apparence du comportement des Cambodgiens -gênés, renfermés, prudes...- et leur comportement réel, qui tranche violemment avec celle-ci.
Bon, j'en étais où ? Oui; finalement, j'ai aperçu un restaurant...français, dont je me souvenais qu'il érait écrit dans le guide; j'ai donc motivé les filles à y aller, car à force, nous n'allions jamais trouvé d'endroit convenable.
C'était sympathique; il y avait pas mal de Français, j'ai parlé avec eux, et nous avons pris un bon dessert français, une crème caramel et un jus d'ananas, hum...comme à la maison ! Le cuistot était Français, et sans vouloir être chauvine, c'est pour cela que ça ressemblait bien à une vraie crème caramel !
Oh, bon, ok, j'arrête, je ne vais pas vous chanter la Marseillaise, ne vous inquiétez pas. J'adore la cuisine khmère, et les chefs cuisiniers asiatiques sont excellents !
Donc finalement, c'était mieux que de boire un verre au "Black cat", l'ambiance était...plus conviviale et amicale on va dire !
Après cela, les filles voulaient aller en boîte, mais je n'avais pas très envie; nous irons sûrement la semaine prochaine, mais avec les volontaires de mon appartement. Là, je voulais me coucher tôt; personne n'était sorti ce soir dans mon appartement, et je voulais également les rejoindre sur la terrasse pour me poser tranquillement avec eux.
J'ai donc quitté les filles, et je reverrai sûrement Beauravie la semaine prochaine. C'était une très bonne soirée !
Je suis rentrée en moto, et je suis vite passée au cyber avant de rentrer à l'appartement, car je voulais voir si l'hôtel pour Siem Reap m'avait répondu; rien. Bon, tant pis, je leur ai envoyé un autre email; au pire, je sais qu'une fois sur place, il y aura tout de même de la place, les autres volontaires n'avaient pas réservé l'hôtel avan d'y aller et ont trouvé pour 15 personnes des chambres !
J'étais censé rentrer pour rejoindre les autres, mais je suis restée plus longtemps que prévu au cyber, car j'ai rencontré un jeune couple de Cambodgiens super sypas qui buvaient de la bière à côé de moi. Le garçon, qui fait des études de médecine, parlait bien Anglais, donc nous avons eu une conversation intéressante et agréable. Sa copine était aussi très gentille, elle est coiffeuse, et je lui ai donné mon numéro de téléphone car je compte aller chez le coiffeur ici la semaine prochaine avant de repartir, et elle était ravie de pouvoir me couper les cheveux car elle n'arrêtait pas de les toucher, les admirer...donc j'irai à son salon, la semaine prochaine.
J'adore ce genre de rencontres imprévues, ici, vous en faîtes chaque jour. L'étranger attire beaucoup, et tous les Cambodgiens veulent parler avec moi, ils sont généralement chaleureux, il n'y pas toutes ss manières, ses méfiances envers l'inconnu que l'on rencontre en France.
Voili, voilou, j'abrège un peu, car il est déjà 18h15, et je voudrais me doucher avant le dîner et finir mon sac pour partir, car j prends le bus de nuit ce soir à minuit pour Siem Reap, et les autres filles me rejoignent demain après-midi car elles partent demain matin; je préférai voyager de nuit.
Salut salut !
Je suis en retard de deux jours, et je m’en excuse ! Je n’ai pas eu le temps d’aller sur internet hier soir !
Comment allez-vous ? Ici, après un dimanche pluvieux, le soleil était de retour mardi ! J’avais pourtant regardé la météo sur internet qui disait que ça serait pourri toute la semaine, mais bon, je crois bien qu’il ne faut pas s’y fier !
Alors, avant-hier, lundi 15 août, était mon premier jour dans le nouveau centre, et j’avoue qu’il fut un peu bouleversant au début ! Je suis dans le même centre que deux autres volontaires de Projects Abroad ; il s’agit en réalité d’un orphelinat qui accueille plus de 140 enfants, tous handicapés…mais lorsque je dis handicapés, c’est VRAIMENT handicapés; je n’avais jamais vu d’enfants autant atteints par la maladie. Il y a des handicaps que nous ne connaissons même pas en France, des choses horribles, des malformations incroyables…je ne dis pas ça péjorativement ni sur un air de dégoût, surtout pas ! Mais je n’avais encore jamais vu cela.
Ces enfants ont été pour la majorité abandonnés dans la rue ou les hôpitaux ; ce centre est le seul centre du Cambodge à recueillir des orphelins handicapés ; le personnel a pas mal de boulot, car c’est difficile d’être 24h/24h à s’occuper d’eux. Lundi matin, j’ai rencontré la directrice du centre qui m’a un peu expliqué le fonctionnement, m’a fait visité les deux étages, m’a offert le thé et les petits gâteaux pour discuter. Elle m’a demandé si cela me convenait d’être le matin à l’étage avec les bébés, et l’après-midi en bas avec Nicolas, dans la salle de Physiothérapie. J’ai acceptée sans hésiter, puisque de toutes façons, je ne savais pas vraiment comment les choses allaient se passer. Cependant, le lundi, j’ai passé la journée entière avec Nicolas à la salle de physiothérapie, la directrice m’ayant dit que je commencerai réellement mardi.
J’ai bien aimé jouer avec ces enfants lundi ; pour moi, c’était totalement nouveau d’essayer de distraire des enfants qui, pour la plupart, ne parlent pas, ne bougent presque pas, poussent des cris…j’ai vu défiler dans la salle de physiothérapie des cas incroyables, comme des enfants de 17 ans qui mesurent à peine un mètre, qui ont une tête de la taille de mon poing, qui sont très maigres et qui ne font que respirer…c’est un peu choquant au début, il faut avoir le cœur bien accroché ; ces enfants ont une espérance de vie misérable…je me suis posé beaucoup de questions en rentrant de cette journée, des questions éthiques surtout ; je me demande, à la fois, comment l’on peut laisser ces enfants vivre sachant qu’ils sont comme morts cérébralement, mais bien sûr je ne dis pas qu’il faudrait les tuer, ce serait affreux…mais ils n’ont pas d’avenir…que feront-ils une fois adultes ? Le centre ne pourra plus les accueillir, il n’existe pas de centre d’accueil pour adultes handicapés au Cambodge, donc, en gros, ils mourront dans la rue. Mes paroles sont dures, mais c’est la vérité ; ainsi, lundi soir, je me suis demandée ce à quoi nous pouvions servir, nous, les bénévoles, pour ces enfants ; je ne dis pas qu’ils ne doivent pas être distraits, qu’ils n’ont pas d’âme, mais notre position en tant que volontaires dans de telles situations est difficile…lorsque je m’occupais des orphelins, je savais que leur tenir compagnie pouvait aider leur développement affectif et éducatif, pour leur futur, leur avenir…mais là, c’est différent ; sur le moment, oui, vous apportez des moments de bonheur à certains (aux plus éveillés, car je ne sais pas si la majorité sait réellement ce qu’il se passe autour d’elle), mais vous savez, au fond, que cela ne va pas leur servir…c’est horrible ce que je dis, je ne veux pas dire que l’on doit les laisser périr comme ça, ce sont des êtres vivants, et mêmes s’ils vont mourir dans deux, trois mois, dix ans, il faut leur apporter de l’attention, de l’amour…mais j’ai du mal à me faire à cette idée…ça ne me déplait pas du tout mais ça m’interroge beaucoup…cela vaut-il le coup d’essayer de maintenir à tout prix des êtres qui ne font que respirer, qui ne peuvent pas bouger, parler, ni voir parfois, qui sont ailleurs ? Je ne saurais répondre à cette question…
Mais ce lundi m’a beaucoup plu, je crois que j’avais besoin de voir comment les autres orphelinats fonctionnaient, celui-ci est certes, très particulier, mais l’organisation n’a rien à voir ; il y a pas de personnel, les femmes qui s’occupent des enfants sont adorables, elles s’investissent vraiment, l’organisation est rigoureuse…cette première journée dans mon nouveau centre m’a donc donné envie de continuer, malgré que je fus un peu secouée de voir de tels handicapes ; j’en ai beaucoup parlé avec Nicolas et d’autres volontaires, nous avons échangé nos points de vue là-dessus, et ça m’a fait du bien d’en parler.
Lundi soir fut aussi très sympathique ; avec les filles, nous sommes allées au cours d’aérobic, qui se transforma en cours de danse khmère ; c’était amusant d’essayer quelques pas ; la danse cambodgienne est très lente, tout est dans la grâce des mains, dans la courbure des doigts, ce n’est pas si évident que ça ! Nous avons bien rigolé, car une Cambodgienne, qui parle Anglais et Français, avec laquelle nous avions fait connaissance l’autre jour, était vraiment « à fond » dans la danse, elle bougeait son corps comme jamais, alors que généralement, les autres femmes cambodgiennes sont très pudiques, renfermées. La façon d’utiliser son corps en dit tellement sur la classe sociale des gens, sur leur ouverture culturelle ! Les Cambodgiennes « occidentalisées », qui maîtrisent bien l’Anglais, vivent très correctement, peuvent porter des shorts et des débardeurs à l’aérobic, osent bouger vraiment leur corps, alors que la majorité vient à l’aérobic en pantalon de sport long alors qu’il fait 35 degrés, avec un tee-shirt à manches longues voire un sweat à capuche…je remarque aussi ces différences dans les orphelinats ; les femmes qui maîtrisent l’Anglais, vous parlent plus aisément, portent des pantacourts au-dessus des genoux, ont moins d’enfant que les autres…c’est très intéressant d’observer ces différences…
Bref, la séance de danse de trois quarts d’heure était fort sympathique ; après cela, nous sommes rentrées à l’appartement pour prendre une bonne douche, se relaxer, papoter…et dîner. Après le dîner, je suis sortie avec les autres filles de mon ancien appartement, pour les revoir ; nous sommes allées manger un dessert (pain au raisin et milk-shake à la mangue pour moi !) à River Side, ça m’a fait très plaisir de les revoir, c’était sympa !
Après cela, une bonne nuit de sommeil s’est imposée pour moi, car j’étais fatiguée !
Et mardi matin, je me suis levée tranquillement, en forme ; Mina, Nicolas et moi sommes partis vers 7h50 pour le centre (nous mettons 25 minutes pour y arriver donc…nous arrivons plutôt vers 8h30 à vrai dire et non 8h…mais bon, on au Cambodge, relax, on prend le même rythme qu’eux !). J’ai passé une super matinée au centre ; en effet, je suis allée travailler avec les bébés, et c’était si adorable ! Beaucoup sont assez éveillés pour pouvoir jouer avec eux, et je me suis donc sentie davantage en confiance ; surtout, les femmes qui s’en occupent sont très organisées ; elles ont un emploi du temps bien précis, et pour moi, c’est plus simple, car je sais ce que je dois faire, je peux vraiment les aider. En arrivant, de 8h30 à 9h30 environ, nous étions en salle d’éveil, assis en rond avec les enfants, pendant qu’une dame leur raconte des histoires, leur chante des chansons…je prenais les enfants sur mes genoux, les papouillais, certains sont très affectifs, demandent votre attention, d’autres sont plus indépendants et ont du mal à rester assis sur une chaise, et d’autres, malheureusement, en fauteuil roulant, les yeux dans le vide, le visage sans expression, ne bougent pas, ne sont même pas spectateurs…j’essaie de consacrer mon attention à tous, je tente de stimuler les plus gravement atteints ; parfois, j’obtiens des sourires, voir des rires, et c’est merveilleux, car ces enfants ne sont pas morts, ils vivent, ils ont des sentiments très profonds et ne voudraient que les exprimer…mais pour d’autres, c’est impossible d’obtenir ne serait-ce qu’un changement de mimique, qu’un mouvement…j’aimerais tellement savoir comment pensent ces enfants, comment ils se sentent dans ce monde qui les entourent, s’ils se rendent compte que je leurs souris, que je pousse leur fauteuil, que je caresse leur visage, leurs membres si raidis et inactifs.
Après la séance d’histoire et de chansons, les enfants ont quartier libre ; sur des tapis, ils peuvent faire ce qu’ils veulent, piocher dans des caisses de jouets, juste rester allongés pour certains qui ne peuvent bouger…certains se promènent sur le balcon, et nous les accompagnons…je tente d’aller voir chaque enfant, d’agiter des jouets, des bouteilles musicales devant les moins éveillés, de promener les plus actifs, leur montrer les voitures qui passent sur la route au loin (ils adorent ça, la route les intrigue !). Tout en m’occupant des enfants, j’ai rencontré une autre volontaire qui est partie au Cambodge par le biais d‘un autre organisme que Projects Abroad, une Irlandaise super sympa, qui est également chargée de s’occuper des bébés sur le centre. Elle reste ici cinq semaines, puis partira pour la Thaïlande, le Vietnam et le Laos. Les femmes du centre sont aussi adorables, et n’hésitent pas à vous parler, à l’aide de quelques mots d’Anglais ; elles aiment en savoir sur vous, vous demande si vous avez des frères et sœurs, combien, si vous travaillez ou étudiez, combien de temps vous restez au Cambodge…puis elles vous parlent d’elles, de leurs enfants, de leur pays…c’est très intéressant d’avoir ce genre de conversation avec ces femmes qui passent 7 jours/7 à travailler dans un tel centre, qui aiment tant les enfants, qui rient tout le temps…je trouve qu’elles font un beau travail, et cela doit être épuisant de rester à longueur de journée dans le centre.
La matinée a vite passée ; nous sommes rentrés déjeuner, j’ai fait la rencontre de deux nouvelles volontaires avec qui j’irai à Siem Reap ce weekend, une Danoise et une Suisse, sympathiques. Nous avons énormément de temps de pause le midi puisque nous finissons à 11h et que nous reprenons vers 14h. Cela permet d’échanger, de se reposer, de vaquer à ses occupations (écrire son blog, faire sa lessive, racheter du lait et des corn flakes pour le matin, de la brioche pour le goûter !...). Nous passons finalement peu de temps sur notre lieu de placement (à peine trois heures le matin et deux heures l’après-midi), mais je trouve cela suffisant, nous ne sommes pas dégoûtés en fin de journée, et nous avons le temps de profiter de la vie cambodgienne et de la vie en communauté.
Nous sommes revenus au centre vers 14h20 (oui, Nicolas fait la sieste le midi et a toujours du mal à repartir !) ; je suis allée dans la salle de physiothérapie ; c’était très calme ; il n’y avait pas beaucoup d’enfants ; j’ai joué un peu avec un enfant adorable en fauteuil roulant, qui a tous les membres des jambes atrophiés, qui doit avoir un léger autisme, mais qui respire l’intelligence ; nous avons joué au ballon, j’ai remarqué qu’il avait une certaine difficulté à se servir de ses mains et ses bras. En fait, il les bouge parfaitement, peut rattraper un ballon etc., mais n’a aucune force pour le renvoyer ; je lui faisait renvoyer le ballon exprès vers moi, il tentait de déployer toute sa force, mais le ballon n’a jamais pu arriver dans mes mains alors que je me trouvais à peine à un mètre de lui ; mais il s’est bien amusé. Je le faisais frapper dans la balle avec sa tête, ses épaules, ses doigts, ses coudes, afin qu’il gagne en motricité corporelle. La rééducation des handicapés doit être quelque chose de très intéressant, de difficile car les progrès se font très lentement, mais quel bonheur lorsqu’un enfant réussi à faire un mouvement qu’il n’était jamais parvenu à déployer auparavant !
Je pense que je verrai ce petit garçon tous les jours en début d’après-midi ; il s’ennuie, dans son fauteuil roulant, à regarder les autres se faire étirer, en attendant son tour…surtout qu’il est beaucoup plus vif que la majorité, ce sont surtout ses jambes et sa maladresse qui l’handicapent.
Après avoir joué quelques temps avec lui, je suis montée à l’étage des bébés, car il y avait peu d’enfants en salle de physiothérapie, et je ne peux pas faire les étirements des enfants qui sont les plus atteints…je me sens plus utiles et à l’aise à jouer avec eux.
Les bébés étaient toujours en pleine forme ; certains jouaient pendant que d’autres dormaient un peu ou prenaient le biberon. A tout moment, on peut être amené à changer la couche des enfants, et c’est très amusant à faire ; au Cambodge, on allonge l’enfant par terre, n’importe où, sur le sol, on retire sa couche en tissu et on en remet une autre directement, sans laver, sans rien. Les couches sont faites avec des torchons, et s’attachent d’une manière particulière que les femmes du centre m’ont apprise. Les enfants aiment être dans une couche propre, ils sont heureux lorsqu’on les lange ! Bon, c’est sûr, pour travailler avec les bébés, il ne faut pas être trop précieux et coquet, car l’on est bien souillé après cela !
L’après-midi passe très très vite, car nous repartons à 16h ; j’ai prévenu que je ne viendrais pas le vendredi car je vais à Siem Reap vendredi, samedi et dimanche. Cela ne pose aucun problème, évidemment, puisque nous ne sommes que volontaires, et même si je pense que notre aide est très appréciée par les femmes qui prennent en charge un très grand nombre d’enfants, il serait prétentieux de dire que nous sommes indispensables. Nous soulageons le personnel, mais il ne reçoit malheureusement pas des volontaires toute l’année, et est bien obligé de prendre en charge les enfants seul.
A mon retour à l’appartement, j’ai discuté sur la terrasse avec les autres volontaires en goûtant, puis j’ai commencé à rédiger cet article, dans l’objectif d’aller le publier avant 18h00, car nous avions projeté d’aller voir une exposition d’art de la rue en ville. Et donc je n’ai pas eu le temps d’aller au cyber !
D’ailleurs, cette exposition était totalement nulle ; il y avait trois graffitis accrochés, des étrangers en tenue de soirée avec leur coupe de champagne à la main qui se prenaient en photo avec l’artiste, enfin bref, ça m’a fait penser à ce genre de soirées mondaines qu’on peut trouver à Paris lors des vernissages, et cela ne valait absolument pas le coup. Nous sommes restés dix minutes, puis nous avons décidé d’aller au « Lucky Burger » qui se trouvait en face…donc menu très cambodgien : hamburger frites ! Mais c’était rigolo de tester les fast food cambodgiens ; ce n’est pas comme chez nous où l’on vous sert directement votre nourriture au comptoir ; là, vous avez un ticket numéroté et l’on vient vous apporter votre plateau à table. Mais attention ! Cela vient au compte-gouttes ! J’ai eu la chance d’avoir mon burger et mes frites en même temps, mais souvent, vous avez les frites ou le burger en premier, puis dix minutes après, le reste…c’est comme au restaurant ; si vous venez à plusieurs, personne ne reçoit son plat en même temps, donc lorsque deux personnes ont fini, les deux autres commencent…ah, regardez cette bonne française bourrée de bonnes manières qui critique l’art de vivre cambodgien ! Non, je ne critique pas, je constate ; c’est différent !
C’était sympathique, ce fast-food, ça change. Nous sommes ensuite allés dans un bar (enfin, dans deux en fait ^^), j’ai pris un chocolat frappé (bon ok, ce soir-là, j’étais la seule à ne pas prendre de cocktail alcoolisé, mais ici, même la Pina Colada ne me dit rien, il fait chaud et l’alcool ne me tente pas vraiment !). C’était agréable, le bar était très très « cosy », il y avait des gros canapés moelleux, une piscine éclairée (personne n’y est allé, ils se sont arrêtés à un cocktail ce soir, ce ne fut pas suffisant pour aller y faire un plongeon !). Puis, nous sommes repartis…vers 22h ! Eh oui, on vieilli…comme nous sommes sortis vers 18h15, nous avions fini de manger vers 20h00, nous sommes allés tôt au bar, et c’était très bien pour tout le monde, car nous étions fatigués. On s’adapte de plus en plus au rythme cambodgien !
Et je vous écris, là, nous sommes mercredi matin, il est 8h15 ; pourquoi ne suis-je pas au centre à cette heure-ci ? Car je pars avec Sharon, l’infirmière, dans les bidonvilles à 8h30, pour seulement une heure, mais j’ai pris la matinée car j’avais vraiment vie de voir ce que c’était. Sharon m’a dit qu’elle n’y restait qu’une heure car ensuite, les enfants doivent retrouver leurs parents, aller travailler, et l fait chaud.
Je vais donc y aller dans cinq minutes ; je publierai ce midi, car en rentrant des bidonvilles, comme je serai là vers 10h, j’en profiterai pour aller acheter les tickets de bus pour Siem Reap.
A tout à l’heure !
***
Hey me revoilà ! Il est 11h30, et je viens de rentrer du marché central où je suis allée pour acheter mon ticket de bus, sauf que je ne l’ai pas acheté car la seule compagnie de bus qui se trouvait là-bas était celle que nous avions prise le weekend dernier, avec la télé mise à fond etc., et je ne veux absolument pas la reprendre ! Donc j’y suis allée pour rien, je croyais que là-bas il y aurait d’autres compagnies, et non ! Ce n’est pas grave, je l’achèterai ce soir à River Side, car je sors encore au restaurant ce soir avec les deux filles qui travaillaient avec moi dans mon ancien centre.
Et les bidonvilles ??? C’était formidable, il n’y a pas d’autre mot. Nous sommes montées sur la moto, Sharon et moi, avec deux sacs énormes chargés de vêtements, pour aller dans le bidonville le plus proche (5 minutes de l’appartement en fait). Nous avons pénétré dans une petite allée sinueuse afin d’arriver devant les taudis. Le contraste est grand lorsque vous arriver dans le bidonville après être passé devant l’université internationale où attendaient des étudiants bien propres dans leurs vêtements neufs, issus des familles les plus riches du Cambodge car bien entendu, cette université est hors de prix.
Je n’avais pas pris mon appareil photo, je n’avais pas pris de sac à dos ni rien d’ailleurs, car je ne savais pas comment cela allait se présenter ; je publie donc encore des articles sans photos aujourd’hui, mais je vous promets, vous en aurez demain ! Sharon a pris quelques photos avec les enfants qu’elle me donnera.
Comment décrire un bidonville ? Et bien, je crois que vous en avez déjà tous vu de images à la télévision ou sur le journal, et malheureusement, « c’est comme sur les photos ». Des « maisons » faites en tôle, en bois, ouvertes, parfois sans toit…ici et là, des torchons et des ordures qui trainent partout, des hamacs noirs de poussières et troués qui pendent par là-bas, des odeurs parfois repoussantes…je suis bien ici, dans un bidonville qui ressemble à tout autre bidonville, où se concentre la pauvreté, la misère, la maladie, mais aussi les sourires.
Car non, les bidonvilles, malgré leur aspect, ne sont pas morts ; il y a de la vie à l’intérieur, il y a un souffle commun qui ne s’épuise pas malgré la faim et la soif, ce souffle, c’est celui de ses habitants, qui marchent ici et là ; le bidonville est calme en arrivant ; quelques femmes lave le linge et préparent à manger avec le peu dont elles disposent. De la vapeur s’échappe des grandes marmites, pendant que nous descendons de la moto avec nos deux grands sacs remplis de vêtements et d’accessoires. Là, les enfants commencent à accourir en riant, en nous faisant de grands signes d’accueil avec les mains, en nous disant « Hello, hello ! »…ils attendent ce moment, cette heure du mercredi matin où ils savent que Sharon leur rend visite. Je n’ai à peine le temps de poser le pied que deux enfants viennent se jeter dans mes bras, je ne peux m’empêcher de sourire en voyant leur visage brillant de joie…ils sont sales, horriblement sales. Leurs vêtements sont en lambeaux, leur peau est croûtée et suintante, certains ont des blessures complètement infectées, d’autres sont à moitié nus…mais ces grands yeux noirs et profonds qui plongent dans les vôtres, les petites mains qui se baladent partout sur votre corps, leurs visages qui s’enfouissent dans votre pantalon, votre poitrine, leurs rires, les paroles qu’ils vous adressent qui n’ont aucune signification pour vous mais que vous avez l’impression de comprendre pourtant…vous êtes là, vous, pour venir leur apporter que quelques instants de soutien, pour leur dire que vous ne les oubliez pas, que vous les comprenez.
Sharon commence à ouvrir les sacs de vêtements ; là, les femmes sortent petit à petit de leur maison, s’approchent de nous, et tentent d’attraper autant de vêtements qu’elles peuvent ; Sharon tente de gérer la distribution, mais les femmes se précipitent ; elle s’émerveillent parfois devant certains tee-shirts, demandent à quoi peut servir tel accessoire…les enfants, eux, sont attirés par les vernis, le maquillage, les ballons de baudruche, les crayons et les craies…tous veulent avoir leur propre crayon, mais ces enfants ont le sens du partage, tout comme les femmes qui se précipitent sur les vêtements pour finalement se les partager entre elles…
Et les enfants me demandent mon prénom, deux s’agrippent à mes jambes, deux autres me dessinent sur la main après que je leur ai dessiné un cœur sur la leur ; les petits garçons sont tout autant affectifs que les petites filles.
J’ai passé un moment merveilleux en compagnie de tous ces enfants ; j’aimerais tellement aller plus souvent dans les bidonvilles ! Je crois que j’aurais davantage aimé ne travailler qu’auprès de ces enfants, même si bien sûr, j’adore être avec les enfants du centre où je suis. Mais ici, c’est différent, peut-être que j’aurais davantage apporté à ces enfants. Enfin, je ne regrette rien, je suis heureuse avec ce que je fais, et je suis contente de déjà pouvoir en faire tant alors que c’est ma première expérience de bénévolat.
J’ai demandé à Sharon si je pouvais me rendre dans les bidonvilles en semaine, en fin de journée ; elle me l’a déconseillé, car le problème est que les enfants travaillent toute l’après-midi. De plus, elle m’a expliqué qu’elle n’y allait qu’une seule fois par semaine, car sinon, les enfants attendent chaque jour que vous venez, ils sont en attente permanente, alors que vous savez que vous ne pourrez plus les visiter un jour. C’est un peu un cercle vicieux, vous voyez. Sharon y allait plus souvent avant, mais pense que c’est mieux de n’y aller qu’une seule fois, pour ne pas créer le manque et la dépendance de voir arriver les volontaires trop souvent.
C’est un peu frustrant, sachant que c’est tellement aisé de se rendre dans ce bidonville ; vous êtes très bien accueillis. Nous restons à l’entrée, dans un tout petit renfoncement où les enfants se regroupent avec nous. Il est presque 10h, et il faut partir ; mais les enfants nous prennent par la main et nous emmène visiter leurs maisons ; je ne sais pas comment régir, si je dois les suive dans leur maison ou rester à l’extérieur…mais les familles nous accueillent, nous sourient, les enfants nous tirent vers leurs parents, leurs frères et sœurs, les autres membres de leur famille qui s’apprêtent à partir en ville en tirant leur chariot de fruits afin de les vendre toute la journée. Un petit garçon me tend son petit frère de cinq mois, qui a une bouille adorable, qui me fait pipi dessus, mais qu’importe, c’est tellement émouvant !
Puis, il faut partir…certains enfants s’apprêtent déjà à aller travailler dans la rue ; d’autres veulent que l’on reste davantage…ils veulent qu’on les porte encore une fois, qu’on les câline…je voudrais rester plus, mais nous pensons avant tout à eux en ne restant que peu de temps. Mas quand même, j’aimerais tant y aller plus souvent ! Ces enfants n’ont rien, ne vont pas à l’école, ont tout juste de quoi manger, on une hygiène déplorable, travaillent, n’ont pas toujours l’affection qu’ils devraient avoir…
Nous rentrons, je suis heureuse. J’ai pu voir, voir leur vie, et surtout, leur paraitre accessible, leur apporter quelques minutes de distraction. Je ne les oublierai jamais. Jamais.
Je suis au cyber, il est 13h. Je repars dans trois quarts d’heure. Il faut que je réserve l’hôtel pour ce weekend sur internet.
Ce voyage au Cambodge m’en apprend chaque jour plus. C’est une expérience unique, qui vous fait réfléchir et change votre regard sur le monde. Quand vous n’avez jamais approché de si près la misère, vous avez envie de changer le monde entier, vous pensez que c’est simple. Mais avec ce que je fais chaque jour, je reprends l’idée de Marie-Claire, je suis de plus en plus persuadée que ce sont les petits cours d’eau qui font les grands fleuves. On ne peut pas tout changer d’un coup ; d’abord parce que nous n’avons pas tous le même idéal, la même culture, la même idée de ce que c’est, de vivre bien, d’être heureux. Ensuite, parce que cela demande du temps, beaucoup de temps, et que pendant ce temps, le monde change sans cesse, et nous ne pouvons arrêter le temps avec une télécommande, appuyer sur le bouton « pause », changer ce qui ne va pas, et rappuyer sur « play ».
Je me rends compte, chaque jour, qu’en l’espace d’une vie humaine, je ne pourrai probablement rien renverser, rien bouleverser, rien révolutionner. Mais qu’importe ; je crois que dans l’humanitaire, il est très mauvais de viser directement au plus haut, de penser que l’on peut arriver à tout inverser. Etre au Cambodge apprend à être réaliste ; Microsoft a peut-être révolutionné le monde de l’informatique, mais le monde des hommes est bien plus complexe. Et heureusement d’ailleurs ; cela est la preuve que l’on vit, que nous ne sommes pas des machines qui peuvent être réparées du jour au lendemain.
J’espère que vous ne prenez pas mon discours pour quelque chose de défaitiste ; au contraire, j’ai de l’espoir, l’espoir que l’on pourra tous faire quelques chose à notre échelle, pour qu’ensuite, de grandes choses naissent.
Bon, j’arrête mes pensées philosophiques à deux riels (monnaie cambodgienne, ça n’existe même pas deux riels tellement c’est une somme infime !), et je dois vous dire aurevoir, car le temps de mettre ça en ligne et de commander l’hôtel, il faudra repartir au centre !
A ce soir, peut-être, ou au pire, demain !
Avoir lu cet article, regardez autour de vous, regardez ce que vous avez, regardez-vous, vous-même, toucher votre corps, votre peau, et soyez heureux de ce que vous avez, de ce que vous êtes, car même si tout le monde souffre à son échelle, vous avez un corps qui vit correctement, vous respirez, vous avez une maison où vous abriter, des gens autour de vous qui vous aiment. Finalement, ça peut être si simple, d’être heureux.